8-Croiseurs lourds (5)

Le Colbert

le croiseur lourd Colbert

le croiseur lourd Colbert

-Le Colbert est mis sur cale à l’Arsenal de Brest en juin 1927 lancé le 20 avril 1928 et admis au service actif le 1er avril 1931.

A sa mise en service, il est affecté à Toulon d’abord placé hors-rang puis affecté à la 1ère Division Légère (1ère DL) le 1er mai 1932.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’à la fin de 1934.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie Foch Colbert et Dupleix formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le Colbert et le Foch appareillent ensemble le 25 mai 1940 de Toulon, faisant escale à Ajaccio le 26, à Casablanca le 29 mai avant de cingler directement sur Brest où ils arrivent ensemble le 1er juin 1940.

Si le Foch ressort dès le lendemain pour entrainement, le Colbert lui doit subir un grand carénage avant d’être en mesure d’assurer les missions qu’ils lui sont attribués. Il débarque ses munitions et vidangeant ses soutes, maitrisant deux départs d’incendie qui ne provoquent que des dégâts mineurs.

Il est échoué dans le bassin n°1 du port de commerce le 15 juin 1940 et va y passer six mois jusqu’au 17 décembre 1940 au cours duquel les ouvriers de l’Arsenal vont changer les hélices, vont gratter et repeindre la coque, retuber les chaudières, changer certaines ailettes des turbines, vont moderniser le bloc-passerelle en l’adaptant à l’installation de radars.

Les installations d’ hydraviation sont maintenues mais les tubes lance-torpilles sont débarqués pour permettre le renforcement de la DCA, la DCA d’origine étant remplacée par seize canons de 25mm Hotchkiss en huit affûts doubles et douze canons de 37mm en six affûts doubles, des CAD modèle 1933 en attendant la disponibilité des Schneider.

Le croiseur lourd est remis à flot le 18 décembre et amarré au quai d’Armement pour des travaux complémentaires. Ils est armé pour essais le 24 janvier 1941 et sort pour essais du 25 janvier au 2 février. Il subit ensuite un stage de remise en condition du 4 au 25 février en compagnie du Foch qui va pouvoir entrer en grand carénage.

De retour à Brest le 27 février, le Colbert est déclaré disponible le 2 mars 1941, restant endivisionné au sein de la 3ème DC même si en l’absence du Foch, cette division à une existence symbolique.

Le redéploiement du Colbert à Brest à provoqué un certain nombre de remous au sein de la marine nationale, certains officiers ayant du mal à comprendre que deux puissantes unités soient enlevées à la Flotte de la Méditerranée alors que la flotte italienne ne cesse de se renforcer.

En Bretagne, le croiseur lourd et son sister-ship vont principalement assurer trois missions : la surveillance du Golfe de Gascogne, la protection du trafic commercial contre une éventuelle reprise de la guerre de course par les Allemands et le soutien aux écoles.

La première mission va voir le croiseur effectuer d’incessantes patrouilles entre les ports de la côte Atlantique, les ports espagnols et portugais et jusqu’à Casablanca voir parfois Dakar, le Colbert profitant alors des installations du polygone de tir de Rufisque.

La seconde mission est d’assurer la protection du trafic commercial notamment le trafic transatlantique. Il ne s’agit pas à proprement parler de convois mais plutôt de la surveillance de certaines zones de l’Océan avec tout même parfois de véritables missions d’escorte notamment quand il s’agit de transports sensibles comme de l’or ou des armes.

La troisième mission répond à l’expansion très importante de la marine nationale qui à un besoin toujours plus grand de personnels formés et entrainés à la guerre moderne.

Les croiseurs lourds de la 3ème DC vont ainsi accueillir à leur bord soit de simples matelots lors de courtes sorties (moins d’une semaine le plus souvent), des officiers mariniers lors de leurs stage d’application en mer qui alternent avec leurs cours à terre et les futurs officiers.

Ces derniers après la croisière d’application à bord de la «Jeanne» doivent se spécialiser en un an. Si certains préfèrent les sous-marins ou l’aéronavale, beaucoup choisissent d’être surfaciers et effectuent donc leur spécialisation à bord des navires de surface basés à Brest notamment les croiseurs lourds de la 3ème DC.

Le Colbert appareille de Brest le 8 mars pour un entrainement en individuel dans le Golfe de Gascogne, entrainement qui s’achève par une escale à Bordeaux du 20 au 23 mars puis une escale à Saint-Nazaire du 25 au 29 mars 1941 avant un retour à Brest le 31 mars 1941.

Le croiseur lourd reprend la mer le 12 avril pour une mission de surveillance, patrouillant en Manche du 14 au 19 avril avant des escales à Cherbourg du 19 au 21 et à Plymouth du 22 au 25 avril.

En quittant le port anglais, il manque d’emboutir un cargo chargé de blé argentin puis de s’échouer mais l’adresse de son commandant, le CV Dutieux évite au croiseur lourd quelques menus embarras et des problèmes plus sérieux.

En mer, il reprend sa mission de surveillance. Le radar et l’hydravion vu comme des opposants mortels se révèlent complémentaires, l’hydravion pouvant assurer une identification visuelle d’un contact radar, le radar pouvant également guider le Loire 130 sur un contact suspect.

Le Colbert durant cette mission va également opérer avec l’aéronavale basée à terre notamment dans le cadre d’une recherche d’un chalutier du Guilvinec, le Marie Rose porté disparu le 4 mai 1941 alors qu’une violente tempête frappait la Bretagne.

C’est un Bréguet Bizerte basé à Landivisiau qui repéra la coque retournée le 5 mai  à douze miles au large d’ Ouessant et dérouta le croiseur lourd qui récupéra l’épave et deux corps, trois marins portés disparus n’étant jamais retrouvés.

Après avoir débarqué la coque et les deux corps à Brest le 6 mai, le croiseur lourd reprend la mer et met cap au sud pour une mission de surveillance du triangle Casablanca-Cadix-Gibraltar. Sur zone à partir du 9 mai, il effectue successivement cinq cycles de patrouilles entrecoupés d’escales techniques à Casablanca.

La première patrouille à lieu du 9 au 15 mai, la seconde du 18 au 23, la troisième du 26 mai au 1er juin, la quatrième du 5 au 16 juin et la cinquième du du 20 au 25 juin. Après une ultime escale à Casablanca du 26 au 29 juin, le croiseur lourd met cap sur Brest où il arrive le 30 juin dans la soirée. Il sort à nouveau pour entrainement du 2 au 12 juillet avant une période d’indisponibilité.

Le Colbert est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 13 juillet au 25 août 1941 avant de reprendre l’entrainement en compagnie du Foch qui sort de grand carénage et doit donc se remettre en condition.

Pour cela, la 3ème DC met cap sur la mer du Nord et la Baltique, une croisière d’entrainement qui est l’occasion de montrer symboliquement à l’Allemagne que la marine nationale peut intervenir partout y compris dans l’Ostsee. Pour cette croisière, les deux croiseurs troquent leurs Loire 130 contre des Dewoitine HD-731 flambant neufs.

Le Colbert et le Foch appareillent de Brest le 30 août 1941, traversent la Manche et font escale au Havre du 3 au 5 septembre avant de reprendre la mer le 6. Au large de Dunkerque, il retrouve le pétrolier Salomé de la Compagnie Auxiliaire de Navigation, pétrolier affrété pour cette croisière.

Les deux croiseurs et le pétrolier font escale à Anvers du 8 au 10 septembre, à Rotterdam du 11 au 13 septembre, à Oslo du 14 au 17 septembre avant de franchir le Kattegatt le 18 septembre et de pénétrer officiellement en mer Baltique.

La traversée jusqu’à Stockholm où les deux croiseurs sont en escale du 19 au 22 septembre est l’occasion d’exercices pour permettre au Colbert d’affuter ses capacités et le Foch de retrouver les siennes, sachant que pour ce dernier environ 1/3 de l’équipage à été remplacé dont le commandant.

Quittant Stockholm, les deux navires gagnent la Finlande, faisant escale à Turku du 23 au 25 septembre puis à Helsinki du 26 au 28 septembre. Un temps, une incertitude pesa sur l’escale de Saint Saint-Pétersbourg mais au final, les deux croiseurs peuvent bien faire escale à Kronstadt, le port militaire de la cité fondée par Pierre le Grand du 29 septembre au 4 octobre.

La découverte du pays des Soviet se poursuit par une escale à Tallinn du 5 au 7 octobre puis à Riga du 8 au 10 octobre. Par une décision difficilement compréhensible, les autorités soviétiques refusent l’accès au port de Riga au Salomé alors que ce dernier devait ravitailler les deux croiseurs.

Le ravitaillement doit donc se faire au mouillage, hors des eaux territoriales, le tout sous la surveillance de bâtiments légers de la Flotte de la Baltique. L’ambiance est tendue, les canonniers français à leur poste, les équipages français et soviétiques se lançant régulièrement des bordées d’injures.

Le ravitaillement en mazout terminé, les deux croiseurs et le pétrolier quittent l’URSS puis font escale à Malmö du 12 au 14 octobre, le pétrolier dont l’affrètement est terminé rejoint le port norvégien de Bergen pour reprendre son service commercial courant.

Les deux croiseurs font escale à nouveau à Copenhague du 16 au 20 octobre, à Newcastle du 22 au 25 octobre, à Chatham du 27 au 30 octobre, à Dunkerque du 1er au 4 novembre, à Cherbourg le 5 novembre avant de rentrer à Brest le 8 novembre après deux mois loin de leur port d’attache.
Après une période d’indisponibilité du 9 novembre au 20 décembre, le Colbert appareille pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gascogne au grand dam de l’équipage qui espérait fêter Noël et le jour de l’An en Bretagne.

Franchissant le Goulet le 22 décembre, le croiseur lourd va patrouiller dans un très vaste triangle La Pallice-Vigo-Bayonne jusqu’au 4 janvier quand il fait escale à La Pallice jusqu’au 7 janvier 1942.

Il reprend la mer pour une nouvelle mission de surveillance du 8 au 20 janvier 1942 avant une escale à Bordeaux du 21 au 24 janvier suivie d’une troisième et dernière mission de surveillance dans le même secteur du 25 janvier au 5 février, date à laquelle il met cap sur Brest où il arrive le 7 février 1942.

Indisponible du 9 au 21 février 1942, le Colbert reçoit enfin une DCA moderne, les canons de 37mm modèle 1933 sont remplacés par des Schneider modèle 1941 bien plus efficaces. Il sort pour essais du 22 au 25 février avant entrainement notamment de ses nouvelles pièces de DCA du 27 février au 4 mars 1942.

Le 10 mars 1942, le croiseur lourd appareille tous feux éteints direction Charleston en Caroline du Sud. Il y retrouve le cargo Ville d’Oran chargés d’armes et de matériel militaire, navire qu’il prend en charge hors des eaux territoriales américaines le 11 mars pour le ramener à Brest où les deux navires arrivent le 15 mars, retrouvant le croiseur de bataille Dunkerque et le croiseur Foch.

Le Colbert sort du 18 au 24 mars pour entrainement aviation puis du 26 mars au 7 avril pour entrainement à la défense antiaérienne à la mer. Il rentre à Brest le 8 avril 1942.

Le Colbert reprend la mer le 12 avril 1942 pour une mission au profit des écoles de la région bretonne. Il embarque cinquantes élèves officiers et aspirants officiers mariniers pour un stage d’attaque antisurface et de défense aérienne à la mer du 14 au 22 avril avant une escale à Saint Saint-Nazaire du 23 au 26 avril puis à Bordeaux du 27 au 30 avril.

Rentré à Brest le 2 mai 1942, il reprend la mer en compagnie du Foch pour une mission de surveillance dans l’Océan Atlantique. Les deux croiseurs font escale ensemble à Saint-Nazaire du 4 au 7 mai avant de se séparer, le Colbert patrouillant dans le Golfe de Gascogne et le Foch entre Ouessant et les îles Scilly.

Le Colbert va effectuer six patrouilles, la première du 8 au 12 mai, la seconde du 14 au 20 mai, la troisième du 22 au 27 mai, la quatrième du 29 mai au 3 juin, la cinquième du 5 au 11 juin et la sixième du 13 au 23 juin, ces patrouilles étant entrecoupées d’escale au Verdon. Il est de retour à Brest le 27 juin puis indisponible du 28 juin au 20 juillet pour entretien et permissions de l’équipage.

Le Colbert sort pour essais du 21 au 25 juillet avant un stage de remise en condition du 28 juillet au 7 août, rentrant à Brest le lendemain 8 août 1942.

Il reprend la mer le 12 août pour une école à feu au large de Brest du 14 au 20 août avant de subir un nouvel entrainement de défense aérienne à la mer du 21 au 28 août 1942. Il rentre à Brest le 3 septembre après une escale à Quiberon du 29 août au 2 septembre 1942

Le 8 septembre, le Colbert sort pour un entrainement en mer d’Iroise mais victime d’une avarie mécanique, il doit rentrer dès le lendemain à Brest. Indisponible du 9 au 27 septembre,  il sort pour essais du 28 septembre au 1er octobre avant un stage de remise en condition jusqu’au 9 octobre.
Il appareille le 12 octobre pour une mission de surveillance du Golfe de Gascogne, mission qui l’occupe jusqu’au 15 novembre, le croiseur lourd effectuant une première patrouille du 13 au 20 octobre, du 22 au 28 octobre, du 30 octobre au 5 novembre, du 7 au 11 novembre et du 13 au 15 novembre. Après une ultime escale à Bordeaux, quai des Chartrons du 16 au 20 novembre, le croiseur lourd rentre à Brest le 21 novembre 1942.

Le croiseur lourd Colbert sort pour entrainement aviation du 22 au 29 novembre, rentrant à Brest le 30 novembre 1942.

Le Colbert ressort encore du 5 au 13 décembre pour une corvette au profit d’élèves officiers mariniers (escales à Plymouth et à Belfast) et du 17 au 24 décembre pour l’escorte d’un cargo militaire transportant des munitions entre Cherbourg et Brest puis des pièces détachées entre Brest et le grand port normand, l’équipage de ce cargo ayant reçu des lettres de menaces, la marine nationale n’à voulu prendre aucun risque en lui offrant une escorte de luxe.

Le Colbert débarque ses munitions le 4 janvier 1943 et appareille le même jour pour Lorient où il va subir un nouveau grand carénage.

Il arrive le 5 janvier dans le Morbihan et aussitôt échoué au bassin où il devait rester jusqu’au mois de juin mais la découverte de corrosion sur le gouvernail et d’autres parties du navire retardent la remise à flot du navire qui n’ à lieu que 12 août soit près de six semaines de retard.

Après les essais réglementaires du 17 au 22 août, le Colbert effectue sa remise en condition du Foch du 23 août au 5 septembre 1943  avant que ce dernier ne subisse à son tour un grand carénage dans le même bassin.

De retour à Brest le 7 septembre 1943, il repart le 9 septembre pour le Brésil, ramenant au pays le corps de l’attaché naval de la marine auriverde décédé d’une crise cardiaque dans des circonstances obscures.

Arrivé à Rio le 15 septembre, le croiseur lourd débarque le corps, escorté par un détachement de marins français. Cette attention est vivement appréciée par les autorités navales brésiliennes qui proposent au croiseur de participer aux manœuvres annuelles de la marine brésilienne.

Le croiseur lourd va ainsi participer aux manœuvres au large de Rio du 20 septembre au 5 octobre 1943 avant une nouvelle escale à Rio du 6 au 10 octobre 1943. Il reprend la mer le 11 octobre, salué par les canons des forts de la baie de Rio.

Il met cap sur les Antilles, faisant escale à Pointe à Pitre du 15 au 18 octobre puis à Fort de France du 19 au 25 octobre avant de traverser l’Atlantique direction Dakar où il arrive le 28 octobre 1943.

Il passe au bassin du 29 octobre au 12 novembre suite à des problèmes récurrents de vibration durant la traversée de l’Atlantique. Réparé, ils effectuent deux sorties d’essais les 13 et 14 novembre avant d’effectuer une école à feu à Rufisque du 16 au 25 novembre. Il repart le 26 novembre 1943 pour Brest où il arrive le 3 décembre.

Le croiseur lourd Colbert sort pour entrainement en mer d’Iroise du 7 au 18 décembre puis dans le golfe de Gascogne du 20 au 27 décembre, rentrant à Brest le 28 décembre 1943.

Le Colbert reprend la mer le 12 janvier pour une mission de surveillance du Golfe de Gascogne alors que la marine espagnole qui à repris des couleurs avait décidé d’organiser d’importantes manœuvres au large de la Cantabrie.
Le Colbert va rester à la mer du 12 au 24 janvier avant de faire escale à Biarritz au mouillage où il est ravitaillé par le pétrolier Nièvre. Il reprend la mer pour une nouvelle mission de surveillance du 26 janvier au 5 février suivit d’une troisième du 7 au 12 février avant une ultime escale à Bordeaux du 13 au 18 février. Il rentre à Brest le 21 février 1944.

Il sort pour entrainement aviation du 25 février au 3 mars 1944 avant une escale à Saint Malo du 4 au 7 mars avant de rentrer à Brest le 8 mars. Il sort à nouveau pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 9 au 14 mars, rentrant à son port d’attache le lendemain 15 mars 1944.

Il quitte Brest le 17 mars pour Lorient où il arrive lendemain afin de soutenir le Foch dans ses essais à la mer qui ont lieu du 20 au 27 mars avant sa remise en condition du 29 mars au 10 avril, les deux navires manœuvrant ensemble avant de rentrer à Brest le 12 avril 1944. Le Colbert effectue deux petites sorties d’entrainement du 18 au 24 avril et du 27 avril au 1er mai, rentrant à Brest le 2 mai.

La 3ème DC sort au complet le 5 mai 1944 direction Rufisque pour une école à feu qui commence le 10 mai et s’achève le 27 mai. Les deux croiseurs font escale à Dakar jusqu’au 5 juin, à Casablanca du 7 au 12 juin, à Bordeaux du 16 au 21 juin avant un retour à Brest le 22 juin 1944.

Alors que le Foch est immobilisé à Brest pour une inspection technique, le Colbert appareille pour une croisière en Amérique du Nord à l’invitation de l’association France-Québec, association destinée à favoriser les relations entre la France et les cousins d’outre Atlantique.

Le Colbert appareille donc de Brest le 2 juillet 1944, traverse l’Atlantique et fait escale à St Pierre et Miquelon du 8 au 12 juillet avant de gagner Halifax où il arrive le 15 juillet 1944. Il y fait escale jusqu’au 21 juillet avant de reprendre la mer direction Québec où il arrive le 23 juillet.

Il y reste le temps des festivités franco-québecoises jusqu’au 1er août quand il remonte le Saint Laurent jusqu’à Montréal où il fait escale du 3 au 12 août 1944, le gouverneur général du Canada visitant le navire le 9 août.

Le croiseur repart le 13 août, remonte l’estuaire du Saint Laurent, fait escale à Charlottetown du 16 au 20 août puis à Saint John (Terre Neuve) du 22 au 27 août où une avarie de diesel-alternateur oblige le navire à limiter sa consommation électrique durant la traversée de l’Atlantique qui s’achève par son retour à Brest le 3 septembre 1944. Les réparations ont lieu à flot, au quai d’Armement du 4 au 12 septembre 1944.

Le 20 septembre 1944, le Colbert appareille pour une mission de surveillance au sud de la Bretagne, patrouillant entre Brest et Saint-Nazaire du 21 septembre au 1er octobre avant une escale à Saint-Nazaire du 2 au 5 octobre avant une nouvelle patrouille du 6 au 14 octobre suivie d’une escale à Lorient du 15 au 18 octobre avant une troisième et dernière patrouille du 19 au 30 octobre 1944, le croiseur lourd rentrant à Brest le 3 novembre 1944.

Le 11 novembre 1944, la compagnie de débarquement défile dans les rues de Brest pour commémorer l’armistice de 1918 en même temps qu’un défilé de la CGT. La manifestation des dockers du port de commerce dégénère et des affrontements ont lieu entre marins et ouvriers avec la clé plusieurs blessés.

Pour éviter une expédition punitive ou une vengeance des marins du Colbert, l’équipage est consigné à bord du croiseur qui gagne Landevennec, le temps que les esprits s’apaisent.

De retour au quai des flottilles le 18 novembre 1944, le croiseur lourd reprend la mer en compagnie du Foch pour un exercice commun. Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 24 novembre au 4 décembre avant une escale à Bordeaux du 6 au 12 décembre. Ils rentrent à Brest le 14 décembre et restent à quai jusqu’à la fin de l’année, permettant à l’équipage de prendre ses permissions

Le croiseur lourd reprend la mer le 12 janvier 1945 pour un entrainement en solitaire jusqu’au 24, entrainement au combat antisurface, au tir et à la défense aérienne à la mer. Il est de retour à Brest le lendemain 25 janvier.

Le Colbert sort pour entrainement en mer d’Iroise du 30 janvier au 5 février, avant une escale à Saint-Nazaire du 6 au 9 février 1945. Quand il reprend la mer, le croiseur embarque une délégation de sa ville marraine en l’ occurrence Reims, ville natale de Jean Baptiste Colbert qui rentre avec son filleul à Brest le 11 février 1945.

Le croiseur lourd enchaine ensuite un entrainement aviation du 15 au 22 février, un entrainement de défense aérienne à la mer du 24 février au 2 mars avant de rentrer à Brest le 3 mars 1945.

Le Colbert reprend la mer pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gascogne, pour pister les navires de la marine espagnole en pleine expansion et menant donc de nombreux exercices.

Le Colbert franchit le goulet dans la nuit du 7 au 8 mars 1945, contourne la Bretagne et pique plein sud. Une avarie mineure au niveau du gouvernail nécessite une escale à Saint-Nazaire du 10 au 12 mars pour quelques menues réparations assurées par les ACL.

Il reprend la mer le 13 mars et par une coïncidence étrange, les manœuvres de la marine espagnole ont également été retardées. Le Colbert peut donc assurer sa mission de surveillance du 13 au 31 mars, faisant escale à Hendaye à la frontière espagnole du 1er au 5 avril avant de rentrer à Brest le 8 avril 1945.

Après une période d’indisponibilité du 10 avril au 5 mai, le Colbert reprend la mer pour essais du  7 au 12 mai avant déclaré à nouveau disponible le 13 mai 1945. Il reprend alors la mer pour de nombreux exercices, du 15 au 22 mai, du 24 au 30 mai, du 4 au 15 juin, du 21 au 30 juin et du 7 au 20 juillet.

Arrivé à Brest le 21 juillet, il débarque ses munitions le 25 juillet puis est échoué au bassin n°4 le 4 août 1945 pour un grand carénage étoffé, une vrai modernisation à mi-vie dirait-on aujourd’hui. Il conserve ses installations d’ hydraviation mais en raison d’un poids limite, il ne retrouve pas ses tubes lance-torpilles alors que leur réinstallation avait été sérieusement envisagée.

Le Colbert quitte le bassin n°4 le 6 février 1946 et après quelques menus travaux à flot dans la Penfeld, il est armé pour essais le 13 février, le croiseur lourd réalisant ses essais à la mer du 14 au 23 février avant un stage de remise en condition du 24 février au 3 mars 1946.

Il est alors décidé de l’envoyer dans une croisière dans l’Océan Indien pour permettre au croiseur lourd et à son équipage de voir du pays. Le croiseur lourd Colbert quitte donc Brest le 7 mars, descend la côte Atlantique, franchit le détroit de Gibraltar puis retrouve au sud de la Sardaigne le 15 mars le cuirassé Clemenceau et deux torpilleurs d’escadre.

La petite escadre fait escale à Bizerte le 19 mars pour se ravitailler en carburant, à Alexandrie le 22 mars avant de franchir le canal de Suez les 23 et 24 mars et d’arriver à Djibouti le 29 mars 1946. Si le cuirassé doit mouiller à l’extérieur en raison de son tirant d’eau, le croiseur lourd peut s’amarrer dans le port de Djibouti.
Les navires venus de métropole y retrouvent le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui à été victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946.

Le Colbert reprend la mer avec le Tourville, le Clemenceau, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manœuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole.

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert remorquant la coque du Lamotte-Picquet, font escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946.

Le Colbert repart du port varois dès le 15 mai, faisant escale pour se ravitailler à Casablanca le 20 mai avant de rentrer à Brest le 25 mai 1946. Il est indisponible pour entretien à flot et permissions de l’équipage du 26 mai au 4 juillet.

Il reprend la mer le 7 juillet 1946 pour essais du 8 au 15 juillet puis pour remise en condition opérationnelle du 17 juillet au 2 août. Après une rapide escale de ravitaillement à Brest, il met cap sur le Sénégal pour une école à feu à Rufisque.

Arrivé en AOF le 9 août, il entame son stage d’entrainement au tir le 11 août, tirant avec ses canons de 203mm, de 90mm sans oublier sa DCA. Même sa compagnie de débarquement est de la partie pour s’entrainer aux raids amphibies. Le stage se termine le 30 août après une escale à Dakar du 31 août au 7 septembre, le Colbert rentre à Brest le 14 septembre 1946, étant indisponible jusqu’au 2 octobre 1946.

Le Colbert reprend la mer le 3 octobre pour un entrainement individuel entre Ouessant et la baie de Douarnenez jusqu’au 12 octobre, date à laquelle il rentre à Brest.

Il effectue une mission de surveillance dans le Golfe de Gascogne du 17 octobre au 3 novembre avant une corvette école au profit des élèves officiers-mariniers du 12 au 24 novembre, rentrant à Brest le 29 novembre après une escale à Saint-Nazaire du 25 au 28 novembre. Il termine l’année par une sortie d’entrainement avec le Foch du 4 au 17 décembre, restant à quai pour les fêtes de fin d’année.

Après une période d’entretien à flot doublée d’une inspection technique du 4 janvier au 8 février, le Colbert reprend la mer pour une série d’exercices : défense aérienne à la mer (9 au 13 février 1947), défense aérienne à la mer (15 au 18 février), combat antisurface (19 au 23 février), escorte de convois (24 au 28 février) et bombardement littoral (1er au 4 mars), ne retrouvant Brest que le 7 mars après un mouillage à Quiberon.

Après un entrainement aviation du 10 au 15 mars, le croiseur lourd Colbert quitte Brest le 20 mars pour le Sénégal afin d’effectuer une école à feu au polygone de Rufisque. Il tire avec son artillerie principale et secondaire du 27 mars au 4 avril avant un exercice au large de Dakar du 7 au 18 avril , rentrant à Brest le 25 avril 1947.

Deux jours plus tard, le Colbert au mouillage dans la rade-abri se préparait à appareiller pour un nouvel exercice quand la radio du bord capta un appel de détresse lancé par un ferry reliant Ouessant au continent.

Le croiseur lourd appareille aussitôt et rallie la zone d’où le message avait été émis. Il voit le ferry entrain de couler, probablement en raison d’une grave avarie mécanique. Il recueille les membres d’équipage et les passagers et les transporte à Brest.

Après avoir débarqué ses naufragés le 28 avril 1947, le Colbert reprend la mer pour un exercice dans le nord de la Bretagne du 1er au 15 mai avant une escale à Cherbourg du 16 au 19 mai, au Havre du 20 au 22 mai et à Dunkerque du 23 au 27 mai avant de rentrer directement à Brest le 29 mai 1947.

Après plusieurs sorties d’entrainement et d’écolage au mois de juin et de juillet (4 au 9 juin, 15 au 21 juin, 24 au 29 juin, 5 au 9 juillet et 17 au 29 juillet), le Colbert débarque ses munitions le 12 août puis est échoué dans le bassin n°4 le 20 août 1947 pour subir un nouveau grand carénage.

Il est remis à l’eau le 4 mars 1948 et remorqué au quai d’Armement pour subir quelques travaux complémentaires.

Un incendie éclate le 17 mars et bien que rapidement maitrisé, il provoque suffisamment de dégâts pour retarder la prise d’armement pour essais qui à lieu le 10 avril soit quinze jours de retard.

Après des essais à la mer du 12 au 19 avril, le croiseur lourd Colbert effectue un stage de remise en condition du 23 avril au 4 mai avant une école à feu à Rufisque du 10 au 25 mai 1948. Il est de retour à Brest le 2 juin 1948.

La guerre étant jugée chaque jour plus évidente et plus imminente, le Colbert passe dès le 17 juin au régime de guerre, recevant un complément de réservistes, adoptant une discrétion radio et lumineuse en toutes circonstances. L’ambiance devient pesante, pesanteur illustrée par le fait que chaque sortie est couverte par l’aviation.

Dans ces conditions, le croiseur lourd ne s’éloigne guère de Brest, n’effectuant que des sorties locales du 20 au 27 juin, du 4 au 12 juillet, du 20 au 28 juillet et du 10 au 20 août.

Il effectue du 22 août au 2 septembre, une mission de surveillance en Manche, rentrant à Brest le lendemain 3 septembre.

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