6-Cuirassés et croiseurs de bataille (11)

F-Cuirassés classe Alsace

Avant-propos

L’un des projets initiaux des cuirassés de classe Alsace : douze canons de 380mm en trois tourelles quadruples

 

Le Traité de Londres du 25 mars 1936 limitait le déplacement des cuirassés à 35000 tonnes et un calibre maximum de 356mm. Cependant une clause imposée par l’US Navy permettait d’armer les cuirassés de canons de 406mm au cas où les japonais ne signeraient le traité.

L’US Navy invoqua cette clause le 31 mars 1937 permettant aux North Carolina d’être armés de neuf canons de 406mm à la place des 12 canons de 356mm.

Au printemps 1938, un protocole franco-américano-anglais permettait la construction de cuirassés de 45000 tonnes. La France était cependant gênée par l’absence d’infrastructures pour construire et entretenir de tels géants des mers.

La découverte des cuirassés de type H de la Kriegsmarine de 56000 tonnes (même si le 2ème bureau l’estimait à seulement 40000 tonnes) poussa l’amiral Darlan à demander l’étude de nouveaux cuirassés au STCN le 20 juillet 1939 et de nouveaux canons de 400,406 et 420mm à la Direction des Armes Navales (DAN).A la fin de 1939, le STCN dessina différentes études pour des navires de 40000, 42500 et 45000 tonnes (déplacement standard).

Le projet A dessinait un navire de 252m de long sur 35m de large, un déplacement de 40000 tonnes standard, une vitesse de 31 noeuds et un armement composé de 9 canons de 380mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 9 canons de 152mm en trois tourelles triples (une avant et deux arrières, installées derrière les tourelles II et III de 380mm), de 16 canons de 100mm en huit tourelles doubles groupées deux par deux et installées latéralement plus une DCA légère composée de canons de 37 et de 25mm.

Le projet B dessinait un navire de 256m de long sur 35.5m de large, un déplacement de 42500 tonnes standard, une vitesse de 31 noeuds et un armement composé de 9 canons de 406mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 9 canons de 152mm en trois tourelles triples (une avant et deux arrières, installées derrière les tourelles II et III de 406mm), de 16 canons de 100mm en huit tourelles doubles groupées deux par deux et installées latéralement plus une DCA légère composée de canons de 37 et de 25mm.

Le projet C dessinait un navire de 265m de long sur 35.5m de large, un déplacement de 45000 tonnes standard, une vitesse de 32 noeuds et un armement composé de 12 canons de 380mm en trois tourelles quadruples (deux avant et une arrière), 9 canons de 152mm en trois tourelles triples (une avant et deux arrière, derrière les tourelles II et III de 380mm), 24 canons de 100mm en douze tourelles doubles installées latéralement plus une DCA légère composée de canons de 37 et de 25mm.

Le projet A resta rapidement le seul en piste car le projet C était trop gros pour les infrastructures françaises et le projet B introduisait un quatrième calibre d’artillerie principale après le 340 des Bretagne, le 330 des Dunkerque et le 380 des Richelieu.

Les deux premiers navires sont commandés comme nous avons pu le voir par le décret-loi du 1er avril 1940, leur construction étant attribuée pour le premier aux chantiers navals de Penhoët et celle du deuxième à l’Arsenal de Brest qui à pour l’occasion s’est dôté d’une forme n°10 et d’une forme n°11 aptes à recevoir de tels «monstres».

Quatre noms sont proposés pour baptisés ces deux premiers cuirassés : Alsace Normandie Flandre et Bourgogne. Le ministre de la marine Jules Belley choisit les deux premiers en dépit des réserves de certains de ces conseillers pour le second nom déjà porté par un paquebot de la CGT.

L’annonce par l’Italie en 1941 de la construction de deux Littorio améliorés entraine le financement par la tranche 1943 du programme naval de deux nouveaux cuirassés de classe Alsace qui sont baptisés Flandre et Bourgogne, la construction du premier étant attribué aux Ateliers et Chantiers  de Saint Nazaire-Penhoët et celle du second à l’Arsenal de Brest.

A noter que l’inaptitude des canons de 152mm à tirer antiaérien poussa le STCN à revenir sur l’armement secondaire des nouveaux cuirassés qui aux canons de 152 et de 100mm initialement envisagés allaient embarquer 20 canons de 130mm en cinq tourelles doubles et une DCA légère composée de vingt-huit canons de 37mm en quatre affûts quadruples ACAQ modèle 1943  et six affûts doubles ACAD modèle 1935 et de douze canons de 25mm en affûts doubles.

Les installations d’hydraviation sont maintenues avec une catapulte à la poupe et un hangar pour deux hydravions type Dewoitine HD-731, nombre qui peut être doublé en cas de guerre.

L’Alsace

En temps de paix, la tourelle II de 380mm portait fièrement le blason de l’Alsace

La commande du premier cuirassé du décret du 1er avril 1940 est passé auprès des Ateliers et Chantiers Navals de Saint Nazaire-Penhöet le 27 juin 1940 et baptisé le 5 septembre 1940 par décret du ministre de la Marine.

Le 20 avril 1941, le porte-avions Joffre est lancé en présence des plus hautes autorités de l’Etat. Il est remorqué au quai d’armement et la cale n°1 préparée pour recevoir le cuirassé Alsace.

-L’Alsace est officiellement mis sur cale le 16 juin 1941 avec la pose des premiers éléments du fond du navire. La construction est menée à un bon rythme _préfabrication et soudure oblige_, l’Alsace est lancé le 22 février 1943 après vingt-mois de travaux et remorqué au quai d’armement pour recevoir son artillerie, ses équipements radars avant de passer dans la forme Joubert pour recevoir notamment ses hélices.

Il est armé pour essais le 7 août 1944 mais toujours sous la responsabilité du chantier constructeur pour des premiers tests destinés à valider les dispositions contractuelles. Les essais ont lieu du 12 au 17 août 1944 avant que le cuirassé ne soit remis à la marine nationale le 27 août 1944.

Le cuirassé Alsace appareille de Saint-Nazaire le 5 septembre direction Brest où il arrive le lendemain. Il échoué le 8 septembre dans le bassin n°10 pour des travaux complémentaires et différents réglages.

Remis à flot le 21 septembre, il entame ses essais officiels le 25 septembre pour près de deux mois jusqu’au 18 novembre. Il est ainsi à la mer du 25 septembre au 3 octobre, du 7 au 15 octobre, du 18 au 23 octobre, du 24 octobre au 5 novembre (avec plusieurs ravitaillement à la mer), du 8 au 12 novembre et enfin du 14 au 18 novembre.

Après un nouveau passage au bassin n°10 du 22 novembre au 7 décembre 1944, le cuirassé appareille pour de nouveaux essais à la mer du 15 au 24 décembre 1944 avant de passer les fêtes de fin d’année à Brest.

Le 4 janvier 1945, il appareille de Brest pour Dakar afin de mener sa première école à feu à Rufisque. Il arrive sur place le 8 janvier 1945, l’école à feux ayant lieu du 9 au 25 janvier 1945 avant que le cuirassé ne rentre en métropole, arrivant à Brest le 31 janvier 1945, passant au bassin jusqu’au 9 février.

Il effectue alors sa traversée longue durée en Amérique du Nord. Il quitte Brest le 12 février pour Halifax où il arrive le 17 février, étant ouvert au public jusqu’au 21 février, le gouverneur général du Canada, Sir Alexander Cambridge, comte d’Athon et oncle du roi George VI visitant le navire le 20 février.

Reprennant la mer, le cuirassé fait successivement escale à Boston du 23 au 25 février, New York du 27 février au 1er mars, Philadelphie du 3 au 6 mars, Washington du 8 au 12 mars et enfin Norfolk du 15 au 19 mars avant de rentrer à Brest le 25 mars. Il passe au bassin du 26 mars au 4 avril 1945.

Le 7 avril 1945, le cuirassé Alsace est admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée avec Toulon pour base.

Avant de gagner la Mare Nostrum, le dernier fleuron de la marine nationale va participer à l’exercice franco-britannique Entente Cordiale. Les 14 et 15 avril, il sort avec ses torpilleurs d’escadre Basque et Forbin (classe L’Adroit) qui vont l’escorte en attendant la mise en service de navires plus modernes.

L’Alsace appareille ainsi de Brest le 16 avril 1945 en compagnie du cuirassé Gascogne, du porte-avions Painlevé, de trois contre-torpilleurs de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), de  six torpilleurs d’escadre (Basque, Forbin, Dague, Durandal, Arquebuse Cimeterre), des sous-marins Ajax Pasteur Antiope Sibylle ainsi que du pétrolier-ravitailleur La Seine.

La force N fait escale à Liverpool du 25 au 28 avril puis à Greenock du 30 avril au 3 mai où il retrouve la force M composée du porte-avions Victorious, du cuirassé Anson, des croiseurs légers Dido et Southampton, de quatre destroyers et de quatre sous-marins.

L’exercice «Entente Cordiale 1945» commence le 5 mai par un affrontement aéronaval entre Painlevé et le Victorious jusqu’au 7 mai avant une série d’écoles à feu et d’entrainement au combat antisurface du 8 au 10 mai. Après un entrainement anti-sous-marin le 11 mai, les navires français et anglais sont engagés le 13 mai dans un exercice de défense aérienne à la mer.

Les deux escadres se séparent le 17 mai 1945 après une revue navale à Rosyth. Les navires français font ensuite escale à Dunkerque du 19 au 22 mai, Cherbourg du 24 au 26 mai avant de rentrer à Brest le 27 mai dans la soirée.

Le cuirassé quitte Brest le 1er juin 1945, fait escale au mouillage à Bayonne du 5 au 8 juin, franchit le détroit de Gibraltar le 11 juin, fait escale à Ajaccio le 14 juin avant d’arriver à Toulon le 15 juin 1945.

Il est affecté au Groupement de Ligne de la Flotte de la Méditerranée. Placé hors rang, il en devient le navire-amiral quelques jours plus tard.

Il sort pour entrainement dans le golfe du Lion du 21 juin au 4 juillet avant une escale à Marseille du 5 au 12 juillet. Après un ravitaillement auprès du PRE La Saône, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escorte subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 25 juillet, rentrant à Toulon le 1er août après une escale à Nice du 26 au 30 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage) du 2 au 22 août, le cuirassé Alsace sort pour essais du 23 au 27 août avant remise en condition au large du cap Corse du 28 août au 12 septembre, rentrant à Toulon le 13 septembre 1945.

Le 17 septembre 1945, le cuirassé Alsace appareille de Toulon avec ses deux anges-gardiens pour une école à feu à Rufisque, fait escale à Mers-El-Kébir du 19 au 22 septembre, franchit le détroit de Gibraltar le 24 septembre avant d’arriver à Dakar le 28 septembre 1945.

Le cuirassé effectue une première école à feux du 30 septembre au 9 octobre avant de manoeuvrer avec ses torpilleurs d’escadre dans un exercice de combat après que ces torpilleurs eurent manoeuvrer de leur côté avec lancement de torpilles et entrainement au tir antiaérien.

Après un ravitaillement à Dakar le 10 octobre 1945, le cuirassé Alsace et ses torpilleurs effectuent une nouvelle école à feu du 11 au 31 octobre avant une nouvelle escale à Dakar du 1er au 5 novembre 1945.

Ils reprennent la mer le 6 novembre, font escale à Port Etienne du 7 au 10 novembre, à Casablanca du 12 au 16 novembre avant de rentrer à Toulon le 22 novembre 1945 à l’aube.

Après une période d’entretien à flot du 23 novembre au 4 décembre, le cuirassé sort pour essais du 5 au 8 décembre avant de mouiller aux salins d’hyères du 9 au 13 décembre, date à laquelle il reprend la mer pour entrainement.

C’est ainsi que du 14 au 19 décembre, le cuirassé est en entrainement aviation pour son détachement embarqué (deux Dewoitine HD-731) avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 27 décembre avant de rentrer à Toulon le 28 décembre 1945.

L’Alsace sort pour la première fois en 1946 du 5 au 15 janvier pour un entrainement à la lutte ASM, le cuirassé utilisant ses hydravions pour couvrir ses deux torpilleurs d’escorte chargés de traquer les sous-marins L’Astrée et La Favorite. Après une escale à Ajaccio du 16 au 20 janvier, le cuirassé rentre à Toulon le lendemain 21 janvier 1946.

En 1946, la France et l’URSS en dépit de régimes politiques diamétralement opposés se rapprochent, inquiets de la montée en puissance de l’Allemagne qui à retrouvé les accents menaçants de l’époque hitlérienne.

Pour célébrer ce rapprochement, une escadre russe rend visite à la flotte de la Méditerranée à Toulon, renouant avec la visite de l’escadre tsariste en octobre 1893.

Le 4 février 1946 arrive dans le port varois le cuirassé Sovietskaya Ukrainia, le croiseur lourd Kirov et quatre destroyers. Ils sont ouverts au public du 5 au 8 février avant de repartir le 15 février après des exercices avec la marine française.

Le cuirassé Alsace sort pour entrainement au combat de nuit du 18 au 25 février avant une escale à Nice du 26 février au 1er mars. Rentré à Toulon le 3 mars, il subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 15 mars avant de rentrer à Toulon le 16 mars 1946.

Quelques semaines après la visite de l’escadre soviétique à Toulon, la France rend la pareille à l’URSS. Le cuirassé Alsace appareille le 20 mars 1946 en compagnie du croiseur lourd Saint Louis, des torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque, des sous-marins La Réunion et L’Ile d’Oleron du pétrolier ravitailleur Liamone.

La petite force navale fait escale à Bizerte le 23 mars, en baie de la Sude le 26 mars, franchit le détroit des Dardanelles le 29 mars, le Bosphore le lendemain 30 mars avant de mettre cap sur Sebastopol où la petite escadre arrive le 4 avril 1946.

Elle va participer à des exercices avec la marine soviétique du 7 au 25 avril 1946 avant de faire escale en Turquie, à Trabzon du 27 au 30 avril et Istanbul du 2 au 5 mai. Il retrouve la Méditerranée, fait escale au Pirée du 8 au 11 mai, à Haïfa du 12 au 14 mai, Bizerte du 16 au 19 mai avant de rentrer à Toulon le 21 mai 1946 après deux mois loin du port.

L’Alsace subit un petit carénage à Toulon du 25 mai au 4 juillet 1946 avant des essais du 5 au 8 juillet puis pour remise en condition du 10 au 24 juillet. Il est ensuite à Rufisque pour une école à feu, quittant Toulon le 27 juillet pour Dakar où il arrive le 2 août. Il s’entraine au polygone de Rufisque du 4 au 25 août 1946 avant de rentrer à Toulon le 2 septembre 1946.

Le cuirassé Alsace sort à nouveau pour un entrainement antisurface du 7 au 15 septembre avant une escale à Marseille du 16 au 20 septembre au cours de laquelle est signée la charte de parrainage entre le cuirassé et une délégation de la ville de Colmar.

Reprennant la mer le 21 septembre, il subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 30 septembre, rentrant à Toulon  le 5 octobre après un mouillage aux salins d’Hyères du 1er au 4 octobre. Il sort pour un entrainement aviation du 8 au 12 octobre au profit de son détachement embarqué, rentrant à Toulon le 14 octobre à l’aube.

Le 15 octobre 1946, des violentes émeutes touchent la ville de Philipeville et sa région, le meurtre d’une famille pied-noir ayant provoqué des représailles vis à vis des autochtones et un cercle infernal d’exactions et de représailles

Le cuirassé quitte Toulon en urgence le 18 octobre avec à son bord plus de 400 gendarmes mobiles qu’il débarque le lendemain 19 octobre avant d’opérer au large du port, menaçant la ville de tirs contre la terre.

Le cuirassé mouille au large du port le 24 octobre après la fin d’émeutes qui ont fait plus de 130 morts chez les pieds-noirs comme chez les autochtones. Le cuirassé rembarque les gendarmes mobiles le 26 octobre et rentre à Toulon le lendemain 27 octobre.

Le cuirassé Alsace est en entretien à flot du 28 octobre au 12 novembre avant de sortir pour essais du 13 au 18 novembre avant un stage de remise en condition du 19 au 30 novembre. Après s’être ravitaillé à Toulon le 1er décembre, le cuirassé quitte Toulon le 2 décembre pour Dakar où il arrive le 10 décembre 1946. Son école à feux à lieu du 11 au 26 décembre avant de mettre cap sur Toulon où il arrive le 2 janvier 1947.

Après plusieurs sorties pour instruction des écoles installées à Toulon (4-8 et 17-21 janvier, 14-18 février), le cuirassé appareille pour Malte le 12 mars 1947 en compagnie du porte-avions Joffre du croiseur lourd Henri IV, des croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, de trois contre-torpilleurs de la 12ème DCT (Desaix Kleber Marceau), de quatre torpilleurs d’escadre, de trois sous-marins Nivôse Floréal Ile de Brehat et de deux pétroliers les Elorn et Liamone, arrivant sur l’île le 15 mars. Tous ces navires avaient auparavant manoeuvrés ensemble du 3 au 10 mars pour parfaire leurs automatismes.

Cette escadre baptisée Force T va participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’oeil Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

L’exercice commence par un exercice à terre le 16 mars pour s’accorder sur les règles lors des exercices et faire travailler la théorique. Les choses sérieuses commence le lendemain 17 mars par un exercice de lutte ASM.

Les sous-marins anglais et français vont ainsi tenter des attaques contre les navires français anglais selon plusieurs scénarios : soit des attaques contre des navires naviguant seuls ou des groupes occasionnels par exemple celui formé par les porte-avions Joffre et Indomitable, le cuirassé Alsace, les croiseurs légers De Grasse Jean Vienne et Belfast et plusieurs destroyers.

Le 18 mars, c’est un exercice de défense aérienne à la mer avec le matin, les deux groupes nationaux attaqués par des chasseurs bombardiers Supermarine Spitfire et des bombardiers torpilleurs Bristol Beaufort basés à Malte mais l’après midi, la force navale britannique attaque avec des bombardiers en piqué Douglas Dauntless et des avions torpilleurs Fairey Albacore les navires français.

Les 19 et 20 mars, c’est un combat d’escadre qui oppose la force T à son homologue britannique, à tour de rôle les deux forces cherchant à défendre Malte d’un raid amphibie.

Le 21 mars, les deux escadres gagnent la Tunisie, des îlots désertiques de la côte tunisienne servant de cible aux canons de 406,380, 203,152,130 et 120mm dans un bruyant concert sans parler des avions embarqués qui utilisent bombes et roquettes.

Les trois cuirassés, les deux porte-avions, les quatre croiseurs légers, le croiseur lourd, les neuf destroyers, les pétroliers et les sous-marins font ensuite escale à Bizerte où ils sont passés en revue par le résident général en Tunisie avant de se séparer le lendemain 22 mars, les navires français rentrant à Toulon le 24 mars 1947 au matin  sauf le Jean de Vienne resté à Bizerte son port d’attache.

Après une période d’entretien à flot du 30 mars au 6 avril, le cuirassé Alsace appareille pour faire le tour de la Corse, une réponse à un discours de Mussolini du 5 avril revendiquant la Corse comme appartenant à la nation italienne.

Le cuirassé appareille le 8 avril à l’aube en compagnie de deux torpilleurs d’escadre, fait escale à Bastia du 9 au 12 avril, mouille dans le Golfe de Saint Florent du 13 au 16 avril, Ile Rousse les 17 et 18 avril, Calvi du 19 au 21 avril, Cargèse du 23 au 26 avril, Ajaccio du 27 avril au 1er mai, Propriani les 2 et 3 mai, Bonifacio du 5 au 7 mai et Porto Vecchio à partir du 8 mai 1947.

Le 10 mai alors qu’il allait appareiller pour Bastia, l’Alsace est victime d’une avarie majeure de propulsion, l’immobilisant dans un port bien entendu pas outillé pour ce travail. Cette immobilisation forcée est mise à profit par l’équipage du cuirassé.

La compagnie de débarquement est mise à terre pour des manoeuvres avec les unités de l’armée de terre en Corse et des officiers supérieurs et des officiers mariniers du cuirassé participent aux périodes de rafraichissement des officiers de réserve du département.

Le cuirassé est prit en charge par le remorqueur de haute mer Centaure le 15 mai avec un équipage réduit de 60% (les seuls marins indispensables) escorté par deux torpilleurs d’escadre.

Il arrive à Bizerte le 20 mai 1947 et immédiatement mis au bassin pour changement de deux lignes d’arbre et des hélices. Remis à flot le 5 juin, il est en essais du 7 au 10 juin avec un stage de remise en condition du 12 au 26 juin avant de rentrer à Toulon le 29 juin 1947.

Ce tour de Corse censé contrer les prétentions italiennes s’est donc terminé en queue de poisson ce que ne manquera pas de souligner la propagande italienne.

Réponse du berger à la bergère, le cuirassé Alsace effectue un nouveau tour de Corse cette fois sans problèmes, faisant escale à l’Ile Rousse du 12 au 15 juillet, Calvi du 17 au 20 juillet, Cargèse du 21 au 23 juillet, Ajaccio du 25 au 27 juillet, Bonifacio du 28 au 30 juillet, Porto Vecchio du 2 au 5 août, Bastia du 7 au 12 août avant de rentrer à Toulon le 14 août.

Après une période d’indisponibilité du 15 août au 22 septembre, le cuirassé reprend la mer pour essais du 23 au 27 septembre avant un stage de remise en condition dans le Golfe du Lion du 28 septembre au 13 octobre 1947.

Le 16 octobre, le cuirassé quitte Toulon, fait escale à Mers-El-Kébir du 18 au 22 octobre, franchit le détroit de Gibraltar le 24 octobre, relâche à Casablanca du 25 au 28 octobre avant d’arriver à Dakar le 2 novembre 1947.

L’Ecole à feux à Rufisque à lieu du 5 novembre au 2 décembre avant une nouvelle escale à Dakar du 2 au 6 décembre. Il reprend la mer le 7 décembre, fait escale à Casablanca du 11 au 15 décembre, franchit le détroit de Gibraltar le 16 décembre avant de rentrer à Toulon le 23 décembre, restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le 7 décembre 1947, l’Alsace forme une nouvelle 5ème DL en compagnie de son sister-ship Flandre

Le cuirassé Alsace sort pour entrainement au combat antisurface du 5 au 11 janvier, rentrant à Toulon le 18 janvier après un mouillage aux salins d’Hyères du 12 au 17 janvier 1948.

Le cuirassé Alsace est en petit carénage du du 20 janvier au 4 juin 1948 à l’Arsenal de Sidi-Abdallah, passant au bassin du 20 janvier au 12 mai 1948 avant des travaux à quai, le cuirassé effectuant ses essais à la mer du 7 au 10 juin avant un stage de remise en condition du 12 au 26 juin 1946. Le cuirassé et les deux torpilleurs d’escadre rentrant à Toulon le 29 juin 1948.

Le cuirassé Alsace sort pour une école à feux du 6 au 16 juillet, rentrant à Toulon le 17 juillet 1948 avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 21 au 29 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 30 juillet 1948. Il participe à des manoeuvres aéronavales en compagnie du porte-avions Joffre du 4 au 20 août 1948.

L’Alsace passe au régime de guerre le 21 août, sortant pour amarriner ses réservistes du 22 au 29 août, rentrant à Toulon le lendemain 30 août, restant à quai jusqu’au 5 septembre 1948 quand il appareille pour sa première sortie de guerre, une mission de présence entre Corse et continent.

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