6-Cuirassés et croiseurs de bataille (5)

C-Croiseurs de bataille classe Dunkerque

 Des cuirassés modernes pour la Royale

Bien que le traité de Washington de 1922 eut imposé un moratoire sur la construction des cuirassés jusqu’en 1936, la France avait obtenu la possibilité de mettre sur cale des cuirassés pour remplacer des unités perdues au traité de Londres en 1930 or en 1922, le France avait été perdu sur une roche près de Quiberon.

Elle n’exploita pas dans un premier temps cette possibilité, préférant renouveler et augmenter ses forces légères qu’il s’agisse des contre-torpilleurs ou des croiseurs lourds, entammant une course aux armements avec les italiens.

L’apparition du Deutschland fût en partie à l’origine des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg

L’apparition du cuirassé de poche Deutschland fit office d’une véritable électrochoc pour la marine nationale. Ce nouveau navire était trop faible pour affronter des cuirassés conventionnels mais surclassait n’importe quel des croiseurs Washington qui étaient tous moins bien armés (8 à 10 canons de 203mm) et moins bien protégés.

L’Etat Major de la marine rappela certaines évidences qu’avec 70000 tonnes, la France pouvait construire seulement deux cuirassés de 35000 tonnes, trois de 23333 tonnes et quatre de 17500 tonnes mais seuls les deux derniers étaient réellement réalisables, le premier demandant de trop grands investissements en matière d’infrastructure.

Le 10 juillet 1931, le Parlement vota une nouvelle tranche du statut naval de 1924 (ce projet ne fût au plan du strict point de vue juridique voté mais de facto, le Parlement pris l’habitude de voter chaque année une tranche de construction neuves), tranche qui comprénait deux croiseurs type La Galissonnière, quatre torpilleurs légers classe Melpomène, un aviso colonial de classe Bougainville, un pétrolier et un chasseur de sous marins et surtout un bâtiment de ligne.

Avant-projet d’un croiseur de bataille type Dunkerque

Le projet n’était cependant pas encore fixé, des divergences étaient encore perceptibles notament au niveau de la protection et de l’armement. Finalement, le projet final fût validé par le STCN au début de 1932 et les caractéristiques techniques approuvées officiellement le 27 avril 1932.

Le premier navire est baptisé Dunkerque suivit d’un second financé à la tranche 1934 et baptisé Strasbourg, la construction du premier étant attribué à l’Arsenal de Brest et le second aux Ateliers et Chantiers navals de Saint Nazaire-Penhoët.

 Le Dunkerque

Le croiseur de bataille Dunkerque en 1938

-Le Dunkerque est mis sur cale à l’Arsenal de Brest dans le bassin n°4 au Salou le 24 décembre 1932 et mis à flot le 2 octobre 1935. Il est ensuite reéchoué dans le bassin n°9 du Laninon pour achever le montage de la coque et d’assurer l’armement du navire.

Il est armé pour essais le 1er février 1936 mais n’effectua sa première sortie à la mer que le 18 avril 1936 à 15h00. Les essais officiels eurent lieu du 22 mai au 9 octobre 1936, interrompus par deux passages au bassin pour modifications.

Le croiseur de bataille appareilla de Brest pour la traversée longue durée le 20 janvier à 15h00, cap à l’ouest direction Fort de France (Martinique) où il arriva le 31 janvier pour cinq jours d’escale jusqu’au 4 février 1938. Il gagna alors les îles Saintes où il resta jusqu’au 15 février effectuant une brève escale à Fort de France le 16 février avant de traverser l’Atlantique direction l’Afrique Occidentale Française (AOF).

Mouillant en baie de Rufisque du 22 au 25 février 1938, le Dunkerque gagne le port de Dakar le 25 février et y reste jusqu’au 1er mars date de son départ pour la France. Après une rapide traversée de l’Atlantique, il arrive à Brest le 6 mars 1938.

Le 1er septembre 1938, le Dunkerque est officiellement admis au service actif et devient le même jour, le navire amiral de l’Escadre de l’Atlantique, portant la marque du vice-amiral Gensoul.

Le 20 juin 1939, la marine française se réorganisa et l’escadre de l’Atlantique devint la 1ère escadre formant avec la 5ème escadre, la Flotte de l’Atlantique. Cette 5ème escadre est composée des cuirassés Courbet et Paris dédiés à l’instruction, le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et des torpilleurs.

La guerre se précisant, les amirautés britanniques et françaises se coordonèrent en décidant du partage des zones de responsabilité. La marine française reçut pour mission de protéger le trafic commercial allié entre le Golfe de Guinée et la Manche.

Cette mission était du ressort des Forces Maritimes de l’Ouest (F.M.O) mais il fallait prévoir une force capable de traquer les raiders que les allemands n’allaient pas manquer d’envoyer. C’est la mission de la Force de Raid que le Dunkerque intègre en compagnie du Strasbourg.

Le Dunkerque reste déployé dans l’Atlantique jusqu’en janvier 1940 quand on prend la décision d’affecter les deux cuirassés français les plus modernes en Méditerranée et c’est ainsi que le 20 janvier 1940, le Dunkerque appareille en compagnie du Strasbourg  pour Toulon.

Les deux croiseurs de bataille font escale à Casablanca le 25 janvier, à Oran le 27 janvier où les deux navires sont ouverts au public avant d’appareiller pour Toulon le 28 janvier, arrivant dans le grand port varois le 1er février 1940.

Le Dunkerque effectue de nombreux exercices pour parfaire sa condition opérationnelle qu’il s’agit d’écoles à feu, d’exercices de défense aérienne à la mer, d’alerte anti-sous-marine. Le 4 juin 1940, il appareille pour Rufisque où il arrive le 12 juin afin d’assurer une campagne de tir du 13 au 20 juin avant de regagner Toulon le 27 juin 1940.

C’est ensuite une tournée en Méditerranée orientale, le Dunkerque appareillant de Toulon le 8 juillet 1940, faisant escale à Bastia (au mouillage faute de place dans le port) le 10 juillet. Il repart le 11 pour Oran où il arrive le 15 juillet. Il repart le lendemain pour Toulon où il arrive le 18 juillet, subissant une indisponibilité pour entretien avec passage au bassin (Vauban n°7) du 23 juillet au 27 août 1940.

Il repart le 29 août, effectuant sa remise en condition au large du Var jusqu’au 5 septembre en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée, les trois navires filant plein sud pour gagner Alexandrie où il fait escale du 8 au 13 septembre avant une nouvelle escale à Haïfa du 16 au 19 septembre puis à Beyrouth du 21 au 25 septembre et Istanbul du 27 septembre au 2 octobre 1940 où monte à bord le président turc Ismet Inönu.

Le croiseur repart le 3 octobre 1940, faisant escale au Pirée du 6 au 9 octobre, Bizerte du 13 au 16 octobre, Ajaccio (au mouillage) du 18 au 21 octobre avant un retour à Toulon le 23 octobre 1940.

Après une période d’entretien à flot du 24 octobre au 8 novembre, le croiseur de bataille sort pour essais du 9 au 12 novembre puis pour remise en condition du 14 au 30 novembre, en compagnie à chaque fois de ses torpilleurs d’escorte, les trois navires faisant escale à Marseille du 1er au 5 décembre, rentrant le lendemain à Toulon le 6 décembre 1940.

Après plusieurs exercices avec la Flotte de la Méditerranée (du 15 janvier au 5 mars avec des escales à Marseille du 27 janvier au 2 février et à Nice du 17 au 24 février au cours desquelles, il faillit entrer en collision avec le Suffren), le Dunkerque est immobilisé au bassin Vauban n°7 à partir du 14 mai 1941.

Tableau représentant le Dunkerque à la mer, une puissance majestueuse n’est-il pas ?

Il débarque la totalité de sa DCA légère et reçoit enfin la DCA prévu à l’origine à savoir cinq affûts doubles ACAD modèle 1935 de 37mm qui sont installés pour deux d’entre-eux de part et d’autre de la tourelle II de 330mm, deux autres au niveau de la cheminée et un cinquième derrière la tourelle quadruple axiale de 130mm.

Il devait recevoir aussi des canons de 25mm mais ces canons n’étant pas encore disponibles, le Dunkerque rembarque au final ses mitrailleuses de 13.2mm en l’occurence deux affûts quadruples au niveau du bloc-passerelle et deux affûts doubles au niveau du pare-lames sur la plage avant.

Le navire qui à aussi bénéficié de travaux sur son appareil propulsif et ses équipements de conduite de tir à également reçu un détecteur électromagnétique est remis à flot le 4 septembre 1941.

Il est armé pour essais le 25 septembre 1941, le croiseur de bataille sortant pour essais du 26 au 30 septembre et du 3 au 10 octobre avant remise en condition au large de Toulon du 12 au 25 octobre.

Le Dunkerque accompagné par ses torpilleurs d’escorte effectue ensuite une école à feux à Rufisque du 8 au 18 novembre, rentrant à Toulon le 30 novembre 1941. Le Dunkerque termine l’année par une école à feux du 7 au 17 décembre 1941 en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, rentrant à Toulon le 18 décembre et passant le reste de l’année à quai.

Il reprend son service actif début 1942 quand il appareille pour entrainement en Méditerranée et dans l’Atlantique, effectuant une école à feux du 7 au 17 janvier avant une tournée dans la péninsule ibérique. En compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte, le croiseur de bataille est à Barcelone du 20 au 23 janvier, à Carthagène du 24 au 27 janvier, à Cadix du 28 janvier au 1er février,  à Lisbonne du 3 au 6 février, à Porto du 7 au 9 février avant de rallier Brest pour une croisière en Amerique du Nord.

Il gagne Brest le 12 février 1942 pour des travaux jusqu’au 27 février quand il traverse l’Atlantique en compagnie du croiseur lourd Foch, quittant le port du Ponant le 3 mars direction New York où il mouille dans l’enceinte du Brooklyn Naval Shipyard avant d’accueillir au large le 7 mars le paquebot Normandie.

Il repart de New York le 10 mars pour Brest où il arrive le 15 mars, subissant quelques travaux jusqu’au 19 mars quand il appareille pour rentrer à Toulon, faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 25 mars, au Ferrol du 28 mars au 2 avril, à Porto du 4 au 6 avril, à Casablanca du 9 au 13 avril avant de rentrer à Toulon le 19 avril 1942, étant ensuite indisponible jusqu’au 21 mai 1942.

Il sort pour essais du 23 au 30 mai, essais suivit d’une période de modifications à flot du 31 mai au 8 juin avant une nouvelle phase d’essais du 9 au 16 juin 1942. Il effectue sa remise en condition dans le golfe du Lion du 17 au 30 juin.

Le 4 juillet 1942, il appareille pour Dakar, faisant escale à Casablanca du 9 au 13 juillet avant d’arriver à Dakar le 17 juillet. L’Ecole à feu à lieu du 19 au 31 juillet avant une escale à Dakar du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le 5 août pour un exercice de défense aérienne jusqu’au 14 août, faisant une ultime escale à Dakar du 15 au 18 août avant d’appareiller avec ses deux torpilleurs d’escadre le lendemain 19 août, faisant escale à Casablanca du 23 au 27 août, à Mers-El-Kébir du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1942.

Après de nouvelles manoeuvres avec la flotte de la Méditerranée (12 au 25 septembre), il termine l’année par un petit carénage du 10 octobre au 23 décembre 1942, recevant en remplacement de ses douze mitrailleuses de 13.2mm (six affûts doubles), douze canons Hotchkiss modèle 1939-40 de 25mm, installés de part et d’autre du bloc-passerelle en six affûts doubles.

Il sort ensuite pour essais du 24 au 27 décembre avant remise en condition au large du cap Corse du 29 décembre 1942 au 7 janvier 1943.

Après des exercices sur les côtes nord-africaines du 17 janvier au 23 mars 1943 (attaques de nuit, défense aérienne à la mer, écoles à feux), le Dunkerque quitte Toulon le 4 avril 1943 pour se rendre dans la ville éponyme en compagnie du croiseur léger De Grasse. Il font escale à Oran le 10 avril où est débarqué un officier-marinier victime d’une crise d’appendicite, à Casablanca du 13 au 15 avril, Brest du 20 au 22 avril avant de filer directement à Dunkerque où il arrive le 2 mai 1943.

Ils passent une semaine à quai, étant ouverts au public, recevant le maire de Dunkerque, le préfet du département…… . Le succès public est au rendez-vous, les dunkerquois étant particulièrement fiers d’avoir un croiseur de bataille portant le nom de leur ville (on le serait à moins) et le croiseur léger est un navire flambant neuf. La charte de parrainage entre la ville et le croiseur de bataille est signée le 5 mai 1943.

Ils quittent Dunkerque le 10 mai, direction la Grande Bretagne, faisant escale à Newcastle du 15 au 18  mai, à Inverness du 19 au 22 mai, à Glasgow du 24 au 27 mai, Liverpool du 29 mai au 2 juin, Brest du 4 au 7 juin, Lisbonne du 10 au 15 juin, Casablanca du 17 au 23 juin et enfin Toulon où ils rentrent le 28 juin après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Il entre ensuite en grand carénage, étant échoué dans le bassin Vauban n°7 le 7 juillet 1943 pour près de dix mois de travaux, puisqu’il n’est remis à flot le 1er mai 1944.

La coque est grattée et repeinte, les hélices remplacées, les canons de 330 et de 130mm retubées, l’électronique modernisée,et la DCA est portée à six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons de 37mm et 16 canons de 25mm.

Il est remorqué au quai Vauban pour des travaux complémentaires du 2 mai au 7 juin 1944 et subit des essais statiques au mouillage du 10 au 15 juin, étant armé pour essais le 16 juin. Il sort en mer du 17 au 28 juin, du 2 au 8 juillet et du 13 au 18 juillet 1944.

Les essais achevés, le cuirassé charge des munitions et complète ses soutes pour un stage de remise en condition dans le Golfe du Lion et au large du Cap Corse et ce du 22 juillet au 4 août 1944. Il se ravitaille à Toulon le 5 août avant de quitter le Var le 6 août pour Dakar afin de subir un entrainement.

Il fait escale à Casablanca du 10 au 14 août avant de gagner Dakar où il arrive le 19 août 1944. Il commence par une Ecole à feu à Rufisque du 21 août au 11 septembre avant une nouvelle escale à  Dakar du 12 au 16 septembre.

Après une entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 30 septembre, le croiseur de bataille et ses deux torpilleurs d’escadre mouillent à Dakar du 1er au 4 octobre avant de reprendre la mer pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 8 au 12 octobre avant de rentrer à Toulon le 15 octobre 1944.

Le Dunkerque sort à nouveau pour un entrainement de son détachement aviation (deux Dewoitine HD-731) du 20 au 27 octobre avant une escale à Nice du 28 octobre au 4 novembre. Il reprend la mer pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 13 novembre avant un mouillage à Bastia du 14 au 19 novembre. Il rentre à Toulon le lendemain 20 novembre 1944.

Victime d’une indisponibilité accidentelle du 21 novembre au 5 décembre (problème d’alimentation en mazout chaudière n°1), le Dunkerque sort pour essais du 6 au 13 décembre avant remise en condition du 14 au 26 décembre 1944, restant à Toulon jusqu’à la fin de l’année alors que son sister-ship est toujours en réparations.

Le croiseur de bataille Dunkerque sort pour la première fois en 1945 du 4 au 11 janvier pour un entrainement de base avant une escale à Port Vendres du 12 au 15 janvier.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille effectue un entrainement de son détachement aviation du 16 au 25 janvier, le croiseur faisant relâche à Marseille du 26 janvier au 3 février. Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 16 février, le croiseur de bataille relâche à Bastia du 17 au 22 février avant de rentrer à Toulon le lendemain 23 février 1945.

Après une période d’entretien à flot du 25 février au 15 mars, le Dunkerque sort pour essais du 16 au 19 mars mais victime d’une nouvelle avarie, il doit rentrer à Toulon le 20 mars pour des réparations achevées le 28 mars 1945. Les essais ont lieu du 30 mars au 8 avril 1945 avant un stage de remise en condition au large de la Corse du 10 au 27 avril 1945.

Après s’être ravitaillé à Toulon le 28 avril, le Dunkerque et ses deux torpilleurs d’escorte Le Hardi et L’Epée quittent leur port d’attache le 29 avril, font escale à Mers-El-Kébir du 1er au 4 mai, franchissent le détroit de Gibraltar le 6 mai avant d’arriver à Dakar le 11 mai 1945.

Le Dunkerque effectue une Ecole à feu à Rufisque du 15 mai au 2 juin avant de relâcher à Dakar jusqu’au 7 juin quand il sert de plastron aux défenses du secteur de Dakar récémment modernisées pour rendre ce point d’appui inexpugnable, la marine nationale craignant une tentative comparable à celle menée contre Papeete par les croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneiseneau le 22 septembre 1914.

Cet exercice se termine le 15 juin 1945 et après un ravitaillement à Dakar, le croiseur de bataille et les torpilleurs d’escadre subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 25 juin avant une escale à Dakar du 26 au 30 juin.

Cette importante phase d’entrainement se termine par un exercice de combat antisurface, les deux torpilleurs d’escadre  simulant des lancements de torpilles contre le Dunkerque et ce du 1er au 8 juillet quand les trois navires reviennent à Dakar pour escale et un repos bien mérité du 9 au 15 juillet 1945.

Le Dunkerque et ses deux anges-gardiens quitte la capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF) le 16 juillet, font escale à Casablanca du 20 au 25 juillet, avant de rentrer à Toulon le 29 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité du 30 juillet au 12 août, le croiseur de bataille sort pour essais du 13 au 17 août avant de reprendre l’entrainement par un stage intensif dans le Golfe du Lion du 19 au 30 août 1945.

Le 3 septembre 1945, il appareille pour sa ville-marraine, faisant escale à Casablanca pour ravitaillement le 7 septembre. Il remonte la péninsule ibérique et les côtes du Golfe de Gascogne, se ravitaillant à nouveau à Brest le 11 septembre avant de mettre cap sur Dunkerque où il arrive le 12 septembre 1945.

Pendant huit jours, le croiseur de bataille est ouvert au public, effectuant une sortie à la mer les 18 et 19 septembre 1945 au profit d’une délégation d’officiels menée par le maire Auguste Waeteraere, des écoliers de la ville de Dunkerque, des ouvriers des ACF……….. .

Le Dunkerque quitte sa ville marraine le 20 septembre, fait escale à Casablanca pour se ravitailler le 24 septembre avant de rentrer à Toulon le 28 septembre, enchainant aussitôt avec la remise en condition de son sister-ship, le Strasbourg.

Du 30 septembre au 15 octobre 1945, le croiseur de bataille Dunkerque s’entraine avec son sister-ship Strasbourg, les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen (6ème DC) et des contre-torpilleurs  Bayard Du Guesclin Turenne de la 2ème DCT.

Alors que le Chateaurenault va s’entrainer avec le Richelieu, les autres navires après une escale à Mers-El-Kébir du 16 au 20 octobre, gagnent Dakar le 25 octobre pour une école à feu à Rufisque du 26 octobre au 12 novembre, rentrant tous à Toulon le 19 novembre 1945.

Le Dunkerque sort pour l’entrainement de son détachement aviation du 25 novembre au 7 décembre, faisant escale à Marseille du 8 au 12 décembre avant de reprendre l’entrainement par un entrainement de défense aérienne à la mer du 13 au 20 décembre, rentrant à Toulon le 24 décembre après une escale à La Ciotat du 21 au 23 décembre 1945.

La première sortie de l’année 1946 voit le Dunkerque et le Strasbourg effectuer un entrainement au combat de nuit du 8 au 17 janvier avant de mouiller au large de Port Vendres du 18 au 23 janvier pour une «amicale» pression vis à vis de l’Espagne qui venait de réaliser en Catalogne, les plus importantes manoeuvres militaires depuis la victoire des nationalistes dans la guerre d’Espagne. Ils rentrent à Toulon le 25 janvier 1946.

Victime d’une avarie de turbine, le Dunkerque est indisponible du 26 janvier au 12 février, les réparations achevées, le Dunkerque sort pour essais du 13 au 18 février avant remise en condition du 19 février au 2 mars, rentrant à Toulon le 9 mars après mouillage aux salins d’Hyères du 3 au 8 mars 1946.

Le 4 mars 1946, décision est prise de redéployer la 1ère DL à Mers-El-Kébir. Le 12 mars 1946, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg appareillent de Toulon pour rallier leur nouvelle base nord-africaine en compagnie donc du Le Hardi de L’Epée, du Lansquenet et du Fleuret.

Ce transit s’effectue comme en temps de guerre. Les deux croiseurs de bataille naviguent en ligne de file séparés par par un demi-mile nautique (environ 900m) avec un torpilleur au poste avant, un torpilleur en serre-file à l’arrière et deux chiens de garde à tribord et à babord, le tout sous le couvert de l’aviation basée à Toulon et en Corse.

La petite escadre fait d’ailleurs escale à Ajaccio du 13 au 15 mars avant de reprendre la mer le lendemain 16 mars dans la soirée pour arriver à Mers-El-Kébir le 17 mars 1946.

A cinquante miles nautique de Mers-El-Kébir, quatre Dewoitine D-520 de la 14C et deux CAO-700M de la 22E prennent contact avec les deux croiseurs de bataille et les quatre torpilleurs et assurent leur couverture aérienne jusqu’à leur arrivée à Mers-El-Kébir.

Le Dunkerque ressort avec le Strasbourg du 22 au 31 mars 1946 pour un exercice de combat entre l’Algérie et la Sardaigne avant une escale à Tunis du 1er au 6 avril suivit d’un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 17 avril, les deux croiseurs de bataille rentrant à Mers-El-Kébir le 20 avril 1946.

Le 29 avril 1946, la 1ère Division de Ligne quitte Mers-El-Kébir en compagnie des torpilleurs d’escadre Le Hardi, L’Epée, le Lansquenet et Le Fleuret, du croiseur léger Latouche-Tréville et de la 10ème DCT composés des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable.

La petite escadre mouille au large de Tanger du 1er au 4 mai puis est à Casablanca du 6 au 9 mai avant d’entamer un exercice au large des Canaries, exercice suivit avec attention par la marine espagnole, plusieurs sous-marins probablement espagnols étant aperçus à bonne distance de l’escadre.

Cet exercice commence par un combat antisurface du 11 au 23 mai, les deux croiseurs de bataille cherchant à échapper au croiseur et aux contre-torpilleurs. Après une escale de ravitaillement à Casablanca les 24 et 25 mai, le Strasbourg prend la tête des contre-torpilleurs pour affronter le Dunkerque et le Latouche-Tréville du 26 mai au 2 juin.

La petite escadre fait escale à Dakar du 3 au 7 juin avant une école à feu à Rufisque du 8 au 24 juin, la petite escadre rentrant à Mers-El-Kébir dans la foulée soit le 3 juillet 1946.

Après une période d’indisponibilité du 4 au 17 juillet, il sort pour essais du 18 au 21 juillet avant un entrainement combiné en compagnie de son sister-ship Strasbourg du 23 juillet au 7 août. Après une escale à Tunis du 8 au 14 août, les deux croiseurs de bataille rentrent à Mers-El-Kébir le 16 août 1946.

Du 18 au 27 août 1946, le Dunkerque sort en compagnie de la 8ème DC composée des croiseurs légers Latouche-Treville et Gambetta pour un dernier exercice avant un nouveau grand carénage à Toulon. Il rentre à Mers-El-Kébir le 29 août.

Le 3 septembre 1946, le Dunkerque quitte l’Afrique du Nord pour un nouveau grand carénage, arrivant à Toulon le 5 septembre à l’aube. Il débarque ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué au bassin Vauban n°7 le 8 septembre.

Les travaux concernent essentiellement une remise en état complète avec changement des hélices, grattage et peinture de la coque, inspection complète des turbines, retubage des chaudières. L’électronique est modernisée tout comme l’armement.

Remis à flot le 17 mai 1947, il subit une période de travaux à quai jusqu’au 4 juillet avant essais à la mer du 5 au 11 juillet suivit d’une remise en condition du 13 au 31 juillet. Il gagne Mers-El-Kébir le 1er août, chargeant ses munitions à la Pyrotechnie de la base puis recomplétant ses soutes.

Appareillant le 2 août 1947, il franchit le détroit de Gibraltar le 6 août et arrive à Dakar le 10 août 1947. Après une escale jusqu’au 15 août, le croiseur de bataille effectue une Ecole à feu à Rufisque du 16 août au 4 septembre. Il reprend la mer le 8 septembre après une escale à Dakar, faisant escale à Casablanca du 12 au 17 septembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 21 septembre 1947.

Du 27 septembre au 2 octobre 1947, la 1ère DL sort en compagnie de la 8ème DC qui avec l’arrivée du Condé avait atteint son format définitif soit trois croiseurs légers. Les deux divisions vont effectuer un exercice de combat antisurface avant une escale à Ajaccio du 3 au 7 octobre.

Le Strasbourg, le Dunkerque et les trois croiseurs légers reprennent la mer le 8 octobre, retrouvant en mer la 6ème DC au grand complet. Le Strasbourg prend la tête de la 6ème DC (parti Rouge) alors que le Dunkerque devient le chef de la 8ème DC (parti Bleu) pour un exercice à double dérente jusqu’au 18 octobre, exercice suivit par une escale commune à Tunis du 19 au 25 octobre 1947. La 6ème DC rentre ensuite à Toulon  alors que la 1ère DL et le 8ème DC rentrent à Mers-El-Kebir le 27 octobre.

Après une période d’indisponibilité du 28 octobre au 14 novembre (entretien à flot notamment), le Dunkerque sort pour essais du 15 au 20 novembre avant remise en condition du 25 novembre au 17 décembre 1947 entre Mers-el-Kébir, Bizerte et la Corse. Il rentre à Toulon le 23 décembre après une escale à Nice du 18 au 22 décembre 1947.

Le croiseur de bataille sort pour entrainement aviation du 7 au 17 janvier, faisant escale à Marseille du 18 au 22 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne du 23 au 30 janvier. Il rentre à Toulon le 8 février après une escale à ajaccio du 31 janvier au 6 février 1948

Le Dunkerque sort pour entrainement en solitaire du 15 au 27 février 1948 avant une escale à Port Vendres du 28 février au 2 mars, l’escale se faisant au mouillage, le croiseur de bataille ayant un tirant d’eau trop important pour ce port.

Reprennant la mer le 3 mars, il retrouve la 4ème DCT composé des contre-torpilleurs Magon Dunois La Hire, trois puissants navires de classe Bruix pour un exercice en commun jusqu’au 18 mars, les quatre navires faisant escale à Ajaccio jusqu’au 22 mars.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille Dunkerque, les deux torpilleurs d’escadre et les contre-torpilleurs retrouvent le Strasbourg pour un exercice jusqu’au 1er avril avec un affrontement entre croiseurs de bataille et contre-torpilleurs puis un exercice d’interception, le Dunkerque et le Strasbourg étant alternativement le chasseur et le gibier, les contre-torpilleurs et les torpilleurs étant les rabatteurs. Tous les navires rentrent à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Le Dunkerque sort pour un entrainement au combat de nuit en compagnie du croiseur léger Latouche-Tréville du 8 au 17 avril avant une escale à Alger du 18 au 23 avril. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 24 avril au 3 mai, le croiseur de bataille et le croiseur léger font escale à Tunis du 4 au 10 mai avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 13 mai 1948.

Du 20 mai au 2 juin, le Dunkerque s’entraine au large d’Oran, d’Alger et de Tunis en compagnie des croiseurs légers Gambetta et Condé (le Latouche-Tréville était à l’époque indisponible) avant une escale à Bizerte du 3 au 8 juin. Ils rentrent tous à Mers-El-Kébir le 10 juin 1948.

Après une période d’entretien à flot du 11 juin au 5 juillet 1948, le croiseur de bataille sort pour essais du 6 au 10 juillet avant remise en condition du 13 juillet au 2 août. Il rentre à Mers-El-Kébir le 8 août après une escale à Tunis du 3 au 5 août.

Le 15 août 1948, il est placé au régime de guerre avec le rappel de réservistes. Il sort pour entrainement du 18 au 25 août et du 29 août au 3 septembre 1948.

Le 5 septembre 1948, le croiseur de bataille était à quai à Mers-El-Kébir en alerte à 6 heures prêt à appareillé au moindre mouvement de la flotte italienne.

Publicités

5 réflexions sur “6-Cuirassés et croiseurs de bataille (5)

  1. flo-bert dit :

    Il me semble que les différentes navires de la classe Le Hardi que tu cites comme accompagnant les Dunkerque et Strasbourg n’auraient pas pu être prêt dès janvier 1940.

    • clausmaster dit :

      J’ai du m’enmeler les pinceaux car en consultant mes notes, j’ai vu ceci « Le 5 juillet 1940, l’Epée est à son tour admis au service actif. Les deux torpilleurs quittent Lorient le 6 juillet, font escale à Casablanca du 9 au 12 juillet avant de rallier Toulon le 16 juillet 1940.

      Le Hardi et l’Epée vont assurer la protection du croiseur de bataille Dunkerque, le fleuron de la 2ème Escadre qu’ils vont suivre comme leur ombre pour lui assurer une protection anti-sous-marine, une protection antiaérienne ainsi qu’une protection antisurface notamment contre les torpilleurs ennemis. »

      Je vais modifier de ce pas

  2. articles dit :

    I really like your writing style, superb information, appreciate it for posting : D.

  3. A friend of mine advised this site. And yes. it has some useful pieces of info and I enjoyed reading it. Therefore i could love to drop you a quick note to express my thank. Take care

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s