5-Artillerie et systèmes d’armes de la marine nationale

A-Artillerie lourde (supérieur à 203mm)

Canon de 380mm modèle 1935

Canon de 380mm du cuirassé Richelieu préservé encore aujourd’hui à Brest alors que le cuirassé à été démoli dans les années soixante-dix malgré des tentatives de sauvetage

Quand la marine nationale reprit la construction des cuirassés, elle développa une nouvelle pièce d’artillerie de 330mm pour armer les Dunkerque et Strasbourg qui disposaient de huit canons répartis en deux tourelles quadruples à l’avant (les tourelles quadruples françaises étaient en réalités des tourelles doubles accolées).

L’annonce par l’Italie de la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes (Littorio Vittorio Veneto) poussa la France à construire deux cuirassés aux capacités semblables, des navires baptisés Richelieu et Jean Bart.

Il aurait été logique et rentable de reprendre le canon de 330mm mais comme les cuirassés italiens étaient armés de neuf canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), la France décida de dévelloper un canon de 380mm qui allait devenir l’armement standard des cuirassés français.

Si les Richelieu, Jean Bart et Clemenceau reprennaient la disposition des Dunkerque avec deux tourelles quadruples sur la plage avant, le Gascogne disposait d’une tourelle quadruple à l’avant et d’une tourelle quadruple à l’arrière et les quatre Alsace trois tourelles triples, deux à l’avant et une à l’arrière.

Le canon de 380mm modèle 1935 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d’une longueur de 45 calibres pour un poids total de 94.310 tonnes et une longueur de 17.100m de long. La culasse qui s’ouvre vers le haut et le canon est assisté par un système hydro-pneumatique.

Comme pour tous les projectiles de ce calibre, les obus de 380mm des cuirassés français sont composées du projectile et des gargousses. L’obus perforant modèle 1936 pèse 890kg avec une charge militaire de 21.9kg et est propulsé par quatre charges SD21 (poids total 288kg).

Sa portée maximale varie de 10000m (site +5°) à 37800m (41700m théorique) (site +35°), pouvant perforer 249mm à 38000m. La cadence de tir est de 1.3 à 2 coups par minute.

L’annonce par l’Italie de la construction de deux Littorio modifiés armés de canons de 406mm entraina le dévellopement d’un obus superlourd de 980kg dont la mise au point se révéla compliquée en raison de l’usure des tubes puisque les charges propulsives étaient plus importantes.

Ce n’est qu’en 1947 que l’obus fût considéré au point mais ce qui fait dire à un ingénieur ayant travaillé sur cet obus «qu’il y aurait mieux fallu développer un canon de 406mm plutôt que ce maudit projectile».

La mise au point d’un obus explosif de 864kg se révéla plus facile puisqu’il fût prêt dès 1943 après deux ans de recherche et de mise au point. Cet obus évolua durant le conflit, l’obus semi-perforant du début devint presque un obus intelligent en 1951 avec un mécanisme d’horlogerie permettant de choisir quand l’obus explosera.

Les Richelieu, Jean Bart Clemenceau et Gascogne embarquent 832 obus de 380mm

Les tourelles quadruples de 380mm ont été conçues et fabriquées par Saint Chamond. Pesant 2476 tonnes en ordre de combat, la tourelle modèle 1935 permet aux canons de 380mm de pointer en site de -5° à +35° à raison de 5.5° par seconde et en azimut sur 156° (142° pour la tourelle II) de chaque côté à raison de 5° par seconde.

La tourelle triple modèle 1941 fabriquée par Saint Chamond pèse 1700 tonnes en ordre de combat et permet aux trois canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 5.5° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 5° par seconde.

Les Alsace embarquent 1080 obus de 380mm soit 120 projectiles par canons.

Un temps on envisagea de produire des canons supplémentaires pour la défense côtière ou l’artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) mais on préféra y renoncer au profit de canons de 240mm modèle 1944.

Canon de 330mm modèle 1931

Tourelles quadruples de 330mm du croiseur de bataille Strasbourg

Le dernier canon de gros calibre développé par la France était le canon de 340mm modèle 1912 armant les trois Bretagne à défaut des cinq Normandie et des quatre Lyon qui ne furent jamais mis en service.

Quand la conception des cuirassés reprit en France, il aurait été possible de reprendre ce modèle mais cela aurait fait fit des progrès considérables effectués par l’artillerie depuis vingt ans sans parler du poids, trop important pour en concentrer huit sur la plage avant.

Le canon de 330mm modèle 1931 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d’une longueur de 52 calibres pour un poids total de 67.535 tonnes et une longueur de 17.170m de long. La culasse qui s’ouvre vers le haut et le canon est assisté par un système hydropneumatique.

Les tourelles de 330mm ont été conçus et fabriqués par l’usine de Saint-Chamond. Pendant 1497 tonnes en ordre de combat, elles permettent aux canons de 330mm de pointer en site de -5° à +35° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 166° pour la tourelle I et sur 148° pour la tourelle II à raison de 5° par seconde.

Comme tous les projectiles de cette taille, les obus de 330mm des Dunkerque se compose d’un projectile et de sa charge propulsive composée de quatre gargousses. Le principal obus embarqué sur les Dunkerque est l’obus Opf modèle 1935, un obus dit perforant et de rupture.

Pesant 570kg, il renferme seulement 20kg d’explosif mais cela est largement suffisant puisqu’il doit exploser à l’intérieur non blindé d’un navire. La portée maximale varie de 10000m à +4.3° d’élévation à 41500m à +35° tandis qu’il peut perforer 342mm de blindage à 23000m.

Un autre obus à été également développé, il s’agissait d’un obus explosif (obus Opfk) de 522kg, contenant 63kg d’explosif et destiné aux bâtiments peu protégés et aux bombardements contre la terre. La portée maximale de ce projectile est de 40600m à l’élévation maximale.

Les Dunkerque embarquaient au total de 896 obus de 330mm (sans précision du modèle) répartis entre 456 obus pour la tourelle I et 440 pour la tourelle II et 2400 charges propulsives. La durée de vie du tube de 330mm était de 250 coups.

Canon de 340mm modèle 1912

Tourelles arrières de 340mm du cuirassé Lorraine

Aiguillonnée par la Jeune Ecole, la France tarda à choisir la voie du dreadnought puisque les Courbet n’entrèrent en service qu’en 1913 et 1914.

Pourtant la France avait passé la sur-multipliée dans le programme de 1912 puisqu’elle envisagea de construire trois cuirassés de classe Bretagne, cinq cuirassés de classe Normandie et de quatre cuirassés de classe Lyon.

Ces navires auraient été armés respectivement de 10,12 et 16 canons de 340mm répartis en cinq tourelles doubles pour les Bretagne (deux avant, deux arrières et une centrale), en trois tourelles quadruples pour les Normandie (une avant, une centrale et une arrière) et en quatre tourelles quadruples pour les Lyon (une avant, une centrale et deux arrières).

Sur ce formidable programme, seuls les Bretagne furent construits et mis en service durant le premier conflit mondial. Les trois navires disposaient à l’origine de cinq tourelles doubles de 340mm mais la Lorraine perdit sa tourelle centrale en 1936 et ses deux sister-ship, leur tourelle centrale lors de la reconstruction menée à la fin des années trente et le début des années quarante.

Le canon de 340mm modèle 1912 à une longueur de 45 calibres soit un tube de 15.3m pour un poids de 67 tonnes. Il tire des obus explosifs de 382kg et des obus perforants de 575kg à une distance maximale de 18000m (+18°) pour les obus perforants, portée qui après les différentes modernisation passera à 24000m (+25°). en 1941, un nouvel obus explosif est mis en service, pesant 460kg et pouvant atteindre ces cibles à 27000m à l’élévation maximale.

La tourelle double permet aux canons de pointer en site de -5° à +12° à l’origine (+25° après reconstruction) à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° de chaque, de +30 à +150° de chaque côté pour la tourelle centrale à raison de 7° par seconde.

Les Bretagne embarquaient 100 obus de 340mm par canon soit un total à l’origine de 1000 coups qui à été maintenu après reconstruction en dépit de la perte d’une tourelle double.

Canon de 305mm modèle 1910

Le cuirassé Courbet en 1914

Quand le HMS Dreadnought est apparu, il était armé de 10 canons de 305mm en cinq tourelles doubles. Le canon de 305mm était mis à part la marine allemande le calibre standard des cuirassés quelque soit la marine.

La France ne fit pas exception et tous les pré-dreadnought français étaient armés de canons de 305mm pour leur artillerie principale, généralement quatre en deux tourelles doubles.

Pour s’équiper de cuirassés de type dreadnought, la marine nationale choisit de conserver le canon de 305mm. Les derniers pré-dreadnought à porter le pavillon tricolore, les Danton étaient armés de 4 canons de 305mm modèle 1906 en deux tourelles doubles.

Les premiers dreadnought à porter ce pavillon, la classe Courbet furent eux armés de douze canons de 305mm modèle 1910 en six tourelles doubles, deux à l’avant, deux à l’arrière et deux latérales.

Le canon de 305mm modèle 1910 à une longueur de tubes de 45 calibres (soit une longueur de 13.725m) pour un poids unitaire de 54 tonnes. Il tire des obus explosifs de 308kg et perforants de 432kg à une distance maximale de 26300m pour l’obus perforant (+23°) à raison de 1.5 à 2 coups par minute.

La tourelle double des Courbet pèse en ordre de combat 561 tonnes et permet aux canons abrités de pointer en site de -5° à +23° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est inconnue.

Ce canon si il est encore en service en 1940 ne l’est plus quand éclate la seconde guerre mondiale en 1948 puisque le Courbet, l’Ocean (ex-Jean Bart) et le Paris ont été désarmés et démolis.

Un temps, il fût envisagé de récupérer les tourelles pour les utiliser pour la défense côtière mais ce projet n’eut pas de suite. Il n’est pas impossible que quelques canons de 305mm aient survécu quelques années dans des dépôts.

Canon de 203mm modèle 1924 et modèle 1931

Le croiseur lourd Algérie était équipé de huit canons de 203mm modèle 1931

Le traité de Washington interdit la construction de cuirassés, c’est à dire des navires dépassant 10000 tonnes et armés de canons d’un calibre compris entre 203 et 406mm. En conséquence, tous les pays signataires construisirent des croiseurs appelés tantôt lourds tantôt de 1ère classe de 10000 tonnes (approchant ou dépassant, le tonnage Washington étant suffisamment flou pour permettre des contorsions diverses et variées) armés de 8 à 10 canons de 203mm.

La marine nationale n’échappa pas à cette mode d’autant que notre principal adversaire, l’Italie avait également décidé de se lancer dans la construction de Thinclad battleship à défaut de pouvoir construire de nouveaux cuirassés.

N’ayant pas de canon de ce calibre même d’un modèle plus ancien, la France doit produire un nouveau modèle de canon, le modèle 1924. Ce canon est pour une fois d’une conception simple, un tube auto-fretté de 50 calibres (longueur du tube : 10.15m environ) muni d’une culasse s’ouvrant vers le haut.

Le canon de 203mm modèle 1924 pèse 20.18 tonnes et tire des obus explosifs de 123kg et des obus perforants de 134kg à une distance maximale de 31400m pour les obus perforants (+45°) à raison de 4 à 5 coups par minute.

Tous les croiseurs lourds français qu’il s’agisse du Tourville, du Duquesne, du Suffren, du Colbert, du Foch et du Dupleix disposaient de huit de ces canons de 203mm répartis en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Il équipe également le croiseur sous-marin Surcouf qui est armé d’une tourelle double de 203mm.

La tourelle double en question pèse en ordre de bataille 180 tonnes et permet aux canons abrités de pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 6° par seconde. La dotation en munitions est inconnue.

La tourelle étanche de 203mm du Surcouf pointait sur 135° à chaque bord avec une cadence de tir de 5 coups/minute. Le sous-marin disposait au total de 250 coups.

L’unique croiseur Algérie caractérisé par un pont ras, un bloc-passerelle ramassé et une protection bien supérieure à ses prédécesseurs était armé de huit canons de 203mm modèle 1931 qui étaient quasi-identiques aux précédents.

 Canon de 203mm modèle 1940

La construction des Saint Louis entraina la mise au point d’un nouveau modèle de canon de 203mm, le modèle 1940 puisque que les trois premières pièces sortirent des forges du Creusot en juillet 1940.

Le canon de 203mm modèle 1940 est un canon de 55 calibres à tube auto-fretté (longueur : 11.165m) pesant 17.45 tonnes. Il tire des obus  explosifs de 152kg et des obus perforants de 134kg à une distance maximale de 27480m  pour les obus perforants (+41°).

La tourelle triple modèle 1941 pèse 319 tonnes et permet aux canons avbrités de pointer en site de -10° à +41° à raison de 15° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 10° par seconde. La dotation en munitions est de 150 coups par canon soit un total de 1350 projectiles.

Ce canon va également équiper certaines positions de défense côtière.

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