L’armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (6)

L’évolution de la flotte de chars entre 1940 et 1948

En ce qui concerne les Bataillons de Chars de Combat (BCC), la flotte évolue assez nettement durant ces huit années.

Quand la guerre éclate en septembre 1948, il existe avant mobilisation, 17 BCC indépendants en métropole, un en Corse et huit en AFN et au Levant en service équipés de chars légers. A cela s’ajoute, huit bataillons de quartier général équipés de chars lourds soit un total de 1442 chars. Les BCC de métropole doivent être mis à la disposition pour emploi au profit des DI, des DIM, des DINA et des DIC.

Char léger FCM-36 qui donna naissance à un dérivé, le FCM-42 équipé notamment d'un canon de 47mm plus efficace

Char léger FCM-36 qui donna naissance à un dérivé, le FCM-42 équipé notamment d’un canon de 47mm plus efficace

Entre septembre 1940 et août 1948, l’équipement des BCC évolue grandement, de nouveaux modèles de chars sont mis en service. Peu avant la mobilisation, les dix-huit BCC déployés en métropole et en Corse sont équipés de Renault R-40 pour huit d’entre-eux, de FCM-42 pour cinq bataillons de chars de combat, de Renault R-35 pour trois d’entre-eux et enfin de Hotchkiss H-39 pour les deux derniers.

 Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied entre juin 1941 et juin 1943, huit bataillons de trente-quatre B1ter, version améliorée du B1bis. Ces bataillons numérotés 70 à 77 sont encore équipés de ces chars en septembre 1948 même si le remplacement de ces chars par des ARL-44 était prévue.

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Le BCF (ex 51ème BCC) va recevoir douze FCM F1, huit blindés monstrueux de 149 tonnes armés d’un canon de 90 puis de 105mm et d’un canon de 47mm avec quatre mitrailleuses de 7.5mm. Les deux prototypes sont présentés en mars 1941 et les douze blindés livrés tardivement en l’occurence de février à septembre 1944, le projet n’étant sauvé que par l’existence supposée de chars superlourds allemands. Ces blindés sont toujours en service en septembre 1948.

La mise sur pied des DC (ex-DCR) entraine l’apparition de nouveaux chars, un char lourd mieux adapté que la famille B1 et un char de bataille.

Prototype de l’ARL-44

En septembre 1941, un premier appel à projet est lancé pour un char lourd de combat destiné à succéder au B1bis. Les premières spécifications sont prudentes avec pour base le B1ter en terme notamment de protection et de mobilité tout en réclamant un armement plus puissant et clairement orienté antichar.

Les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM), l’Atelier de construction de Rueil (ARL), Schneider et Renault proposèrent leurs projets sous la forme de maquettes début 1942. Deux prototypes furent commandés à chacun des constructeurs, prototypes livrés début 1943.

Les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) proposèrent un B1ter amélioré sans obusier de 75mm en caisse (remplacée par une mitrailleuse de 7.5mm) avec la tourelle ARL destinée à équiper le futur Renault G1.

L’Atelier de construction de Rueil (ARL) propose un char de conception nouvelle avec une caisse en acier blindé-laminé, un moteur diesel et une tourelle biplace à canon de 75mm de 32 calibres.

Schneider propose un char lui aussi inspiré du B1ter mais avec un canon de 75mm puissant en tourelle triplace alors que Renault proposa une version sur-blindée de son futur G1.
Les projets Schneider et FCM éliminés, seuls restaient en liste le projet de l’atelier de construction de Rueil et le projet Renault.

Les tests étaient satisfaisants, les deux projets étaient murs techniquement parlant mais la commission en charge du concours dirigée par l’ingénieur Piret se posa la question de l’utilité d’armer un char lourd d’un canon de même calibre que le char moyen.

Entre-temps, Renault accaparé par la production du G1 ainsi que de celle d’autres véhicules se retira du programme, laissant donc l’ARL seule en piste pour son projet baptisé ARL-40.

En juillet 1943, décision est prise d’armer le nouveau char lourd d’un canon de 90mm. A l’époque existait une tourelle armée d’un canon de 90mm, celle équipant le FCM F1, le char de forteresse équipant le 51ème BCF.

Cette tourelle avait cependant été conçue pour un char de forteresse de 142 tonnes en ordre de combat et pas pour un char de 50 tonnes maximum. Il fallait donc repartir à zéro, Schneider producteur du canon de 90mm modèle 1939 partant de ce canon pour développer une pièce compatible avec une tourelle triplace en terme de recul, d’évacuation des douilles et des fumées.

L’Atelier de Construction de Rueil profita de ce contretemps pour reprendre la caisse en amélioration la suspension hydropneumatique _gracieusement fournie par Renault_, la caisse en acier laminé _sans éléments boulonnés_ et l’ergonomie intérieure sur les conseils des britanniques.

La tourelle Schneider est prête en janvier 1944 et installée sur quatre prototypes de l’ARL-44. Les prototypes sont intensivement testés et se révèlent prometteurs sans réels problèmes techniques, un vrai petit miracle selon ses concepteurs.

Adopté le 30 janvier 1944 sous le nom de char lourd modèle 1944L, ce premier char produit par l’Atelier de Construction de Rueil est un monstre de 53 tonnes en ordre de combat, des lignes assez carrées, un «véhicule d’hommes» dirions nous qui reçoit le 8 mai 1944, le nom officiel d’Estienne.

Son apparition inquiéta les allemands qui dévellopèrent un char de rupture connu sous le nom de Panzer VI Tiger armé d’un canon de 88mm, un char redoutable que l’ARL-44 apprit à respecter tout comme la Panzerwafe apprit à respecter le char français.

Le char de bataille est destiné à remplacer au sein des Divisions Cuirassés (ex-DCR) le Hotchkiss H-39. Plusieurs constructeurs sont sur les rangs comme Renault, Lorraine, Poniatowski-SEAM et BDR aboutissant à la réalisation de plusieurs prototypes.

Renault G1R dans sa configuration initiale

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le char moyen modèle 1943R est en service à 540 exemplaires plus 200 chars de réserve, la production continuant pour aboutir à un volant de fonctionnement proche des 100%.

L’apparition de ce char dont les capacités et l’esthétique ringardisaient les Panzer III et IV poussa la Panzerwaffe à prendre des mesures d’urgence et d’autres à plus long terme.

Le Panzer III fût réarmé avec un canon de 50mm (mesure réclamée par Guderin depuis 1937 !) et le Panzer IV avec un canon long de 75mm, ces mesures d’urgence étant suivis de la mise au point d’un nouveau char médium, le futur Panther qui apparaît en 1946.

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Une réflexion sur “L’armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (6)

  1. Frédéric dit :

    Bonsoir, encore une gaffe signalé au tout début de l’article 😉

    la flotte évolue assez  »nettemenet » durant ces huit années.

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