D-Armée de terre : une profonde métamorphose : l’armée Villeneuvienne (3)

Chars et véhicules blindés

 Évolution générale des structures

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassé, placés sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout mobiles. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

On en profite également pour résoudre un certain nombre de carences qui auraient sérieusement obéré l’efficacité de nos chars en cas de conflit prolongé qu’il s’agisse de l’équipement radio, de canons d’un modèle dépassé ou d’une autonomie trop faible pour combattre dans la durée.

Durant la guerre de Pologne (1er septembre au 15 décembre 1939), l’armée de terre dispose donc des «unités de chars» suivantes :


Panhard AMD-178 affectueusement surnomée « Pan Pan » à cause du bruit de son moteur deux temps

 -Trois divisions de cavalerie (1ère 2ème et 3ème DC). Ces divisions sont dites «pétrole-picotin» puisqu’elles disposent à la fois d’unités motorisées (automitrailleuses Panhard 178, Renault 33VM et chars Hotchkiss H-35) et d’unités à cheval.

Somua S-35

-Deux divisions légères mécaniques, les 1ère et 2ème DLM. C’est l’équivalent français des Panzerdivisionen avec une motorisation complète, ces deux divisions étant équipées d’automitrailleuses de cavalerie Somua S-35, de chars Hotchkiss H-35, d’automitrailleuses Renault 35ZT et Panhard 178.

-Douze régiments de chars de combats numérotés 501 à 512 donnent naissance à vingt-trois bataillons de chars de combat (BCC), les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 12ème, 14ème, 15ème, 16ème, 17ème , 19ème, 20ème, 22ème, 24ème, 25ème, 26ème, 27ème, 28ème et 37ème BCC.

A ces bataillons directement issus des personnels d’active sont mis sur pieds seize bataillons de réserve (6ème, 11ème, 13ème, 18ème, 21ème, 23ème, 29ème à 36ème, 38ème et 39ème bataillons de chars de combat) auxquels il faut ajouter le 51ème BCC de Bourges et le bataillon de chars des troupes coloniales soit un total de 41 BCC.

Ces bataillons sont équipées de Renault R-35 (dix-sept BCC), de Renault FT-17 (dix BCC), de FCM-36 (deux), de H-35 (deux), de H-39 (quatre), de D-2 (un), de B1bis (quatre) et de FCM-2C (un).

 

Renault R-35

Si les FT-17 sont rapidement remplacés par des Renault R-35, des R-40 et des H-39, les autres chars restent en service. Si une partie des BCC sont placés aux ordres des armées, d’autres vont être intégrés aux DCR dont la mise sur pied décidée à l’automne 1939 ne sera réellement effective qu’au printemps 1940.

Au printemps 1940, une partie des BCC composés de réservistes sont dissous mais les BCC d’active restent placés sous l’autorité des DIM et des DI type Nord-Est, sous l’autorité mais pas intégrées à celles-ci.

Le général Villeneuve va ensuite mener une véritable refonte des «unités de chars» et dès sa nomination en juin 1940. Il peaufine l’organisation des trois premières DCR puis met sur pied une 4ème DCR confiée en septembre 1940 à un officier prometteur, le général De Gaule.

 

B1bis

Ces quatre divisions disposent d’une demi-brigade lourde de chars équipées de B1bis et une demi-brigade légère équipée de chars Hotchkiss H-39.

Hotchkiss H-39

 L’équipement des deux DLM évolue peu à peu. Si les Somua S-35 restent en service, les Hotchkiss H-35 sont remplacés progressivement par des Somua S-40, version améliorée du S-35 ce qui va permettre d’unifier l’équipement des DLM.

En janvier 1942, les quatre DCR sont regroupés dans un Corps d’Armée Cuirassé (CAC) stationné au nord de Paris non pas pour menacer les institutions de la République mais pour à la fois se porter en Belgique où agir sur le Rhin.

Les trois divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques, la 1ère DC devient la 3ème DLM, la 2ème DC devient la 4ème DLM et la 3ème DC devient la 5ème DLM. En septembre 1947, quatre autres divisions «blindées mécanisées» sont activées à savoir les 5ème et 6ème DC et les 7ème et 8ème DLM.

Quand le second conflit mondial éclate, les «unités de chars» de l’armée de terre ont connu une prodigieuse métamorphose :

-Six divisions cuirassées (DC) regroupées dans deux Corps d’Armée Cuirassé (CAC), le 1er CAC disposant des 1ère, 3ème et 5ème DC et le 2ème CAC disposant des 2ème, 4ème et 6ème DC.

-Huit Divisions Légères Mécaniques (DLM) placées sous les ordres des groupes d’armées qu’il s’agisse du Groupe d’Armées n°1 (1ère, 3ème, 5ème et 7ème DLM), du Groupe d’Armées n°2 (2ème, 4ème et 8ème DLM) et du Groupe d’Armées n°3 (6ème DLM).

Si la 6ème DLM dépend directement du commandement du GA3, les DLM des GA1 et GA2 forment trois Corps de Cavalerie, le 1er CC (1ère et 5ème DLM), le 2ème CC (3ème et 7ème DLM) et le 3ème CC (2ème, 4ème et 8ème DLM).

-Dix-huit bataillons de chars de combat dépendant des différentes divisions d’infanterie (un bataillon est stationné en Corse) auxquels s’ajoutent les huit bataillons stationnés en AFN et au Levant ainsi que les huit bataillons de quartier général encore équipés de B1ter.

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