Arrière plan politique et culturel (2)

B-Du Front Populaire à la Révolution Nationale (1936-40)

Les émeutes du 6 février 1934 ont été un catalyseur important au sein de la vie politique française puisqu’il provoque l’union de la Gauche et la radicalisation de la droite parlementaire qui se rapproche des positions de l’Extrême Droite, aguillonnée par les «réussites» des régimes fascistes et nazis.

Les élections législatives ont lieu dans un contexte houleux et difficile. Le premier tour à lieu le 26 avril et le deuxième tour le 3 mai, aboutissant à une majorité de gauche puisque la gauche dispose de 286 députés contre 224 députés pour la droite. C’est le début du Front Populaire qui suscita de nombreuses expérances mais beaucoup de déceptions.

Les grèves de mai-juin 1936 font craindre chez le patronat une révolution de type Bolchévique ce qui explique son empressement à négocier les accords de Matignon signés le 7 juin 1936 qui mettent notamment en place deux semaines de congés payés. Une politique de grands travaux et des nationalisations est également mise en place.

Le Front Populaire à moins de succès en matière de politique coloniale (échec du projet Blum-Violette accordant la nationalité française à des notables algériens) en dépit de la réforme profonde du code de l’indigénat.

Léom Blum

En fait, le Front Populaire va connaître les pires difficultés en terme de politique étrangère notamment avec la guerre d’Espagne. Si les communistes sont favorables à l’intervention directe pour soutenir la IIème République, les radicaux sont opposés. Léon Blum, président du Conseil tergiverse, alternant entre un soutien discret et une stricte neutralité.

 Le contexte international se tendant, le Front Populaire abandonne rapidement son ambitieuse  politique sociale au profit des prémisses d’une politique de réarmement avec notamment un premier programme de 14 milliards de francs dès le 7 septembre 1936.

Le premier gouvernement Blum tombe le 21 juin 1937 remplacé par un gouvernement Chautemps qui tombe à son tour le 10 mars 1938 suite au refus de la Chambre des Députés de lui accorder les pleins pouvoirs pour résoudre les problèmes de la France. Léon Blum est alors rappelé mais il échoue à former une majorité stable et son gouvernement reste éphémère (13 mars-8 avril 1938).

Edouard Daladier

Le 12 avril 1938, le «Taureau du Vaucluse», Edouard Daladier, député radical du Vaucluse est investit comme Président du Conseil. Il veut «remettre la France au travail» marquant la fin du Front Populaire.

Neville Chamberlain de retour de Munich persuadé d’avoir préservé la paix

Conscient de la menace posée par Hitler à la paix en Europe, il ne signe qu’à contrecoeur les accords de Munich sous la forte pression britannique, Neville Chamberlain étant persuadé de pouvoir s’entendre avec Hitler.

Edouard Daladier est toujours président du conseil quand le 3 septembre 1939, la France et la Grande Bretagne entrent en guerre contre l’Allemagne suite à l’invasion de la Pologne deux jours plus tôt.

Ce qu’il reste de la Brugenbraü après l’attentat du 9 novembre 1939

Le 9 novembre 1939 alors que la France et la Grande Bretagne sont enfoncés dans la léthargie de la drôle de guerre (phoney war pour nos amis anglo-saxons), une violente explosion secoue la Taverne de la Brasserie à Munich où les caciques du parti nazi célèbrent le putsch manqué de 1923.

Les secours relèvent un total de quinze cadavres dont celui du chancelier allemand et Führer, Adolf Hitler. La mort de celui qui à plongé l’Europe dans la guerre secoue les chancelleries occidentales qui craignent le vide causé par cet assassinat.

Georg Elser

L’auteur est un ébéniste allemand, Georg Elser qui est arrêté à la frontière française trois jours plus tard. Torturé, il avoue l’assassinat d’Hitler. Il est jugé par un tribunal spécial et exécuté le 4 janvier 1940.

Un triumvirat Borman-Himmler-Goering remplace Hitler dont les funérailles le 16 novembre sont l’occasion de violentes émeutes antisemites dans de grandes villes allemandes et une émigration massive en direction du Danemark, des Pays Bas, de la Belgique, de la France et de la Suisse.

Guillaume II avec à sa droite le Kronprinz et à sa gauche son petit-fils Wilhelm qui devint un officier de char émerite

Ce triumvirat rappelle le vieux Kaiser Guillaume II de son exil néerlandais pour servir de vitrine plus rassurante aux alliés (elle est d’autant plus rassurante qu’il est de notoriété publique que Guillaume II n’à qu’aversion pour les nazis à la différence de son fils, le Kronprinz plus influencable).

 Encore aujourd’hui, les historiens débattent pour savoir comment Guillaume II à accepté de revenir au pouvoir. Volonté d’éviter une nouvelle guerre fatale à l’Allemagne ? Nostalgie d’un pouvoir passé ? Abus de faiblesse d’un vieillard (80 ans en 1939) ?

Le débat fait d’autant plus rage que les descendants de Guillaume II refusent encore aujourd’hui en 2012 de rendre public la correspondance et les papiers du Kaiser entre 1939 et son décès.

Le 15 décembre 1939, il annonce la suspension du conflit et propose la réunion d’une conférence pour décider du sort de la Pologne. La France et la Grande Bretagne envoient des délégations de second niveau à Coblence où doit avoir lieu la Conférence.

 L’échec des discussions (27-30 décembre 1939) entraine la fin de l’espoir d’une sortie négociée de la Guerre de Pologne. L’Europe s’enfonce dans une sorte de paix armée, comparable à la future guerre froide.

 Le 31 décembre 1939, le président du conseil Edouard Daladier et le premier ministre britannique, Neville Chamberlain reconnaissent le gouvernement provisoire polonais qui s’installe à Nantes.

Pour les gens qui connaissent cette belle ville de Nantes, un parlement provisoire tient session à l’opéra Graslin, la présidence s’installant au château des Ducs de Bretagne alors que le gouvernement occupe plusieurs immeubles de l’île Feydeau et du centre-ville de Nantes.

En France, la vie politique française se tend de plus en plus au fur et à mesure que les élections de mai 1940 approchent.

 A gauche, le PCF dissous en septembre 1939 est reconstitué en avril 1940  et met la pression sur la SFIO en cas de nouvelle victoires aux législatives. Le parti Radical choisit comme à son habitude de ne pas choisir, adoptant une position centriste.

le colonel François de la Rocque, chef du Parti Social Français (PSF)

L’épouvantail de ce scrutin est cependant le Parti Social Français (PSF). Issu des Croix de Feu dissoutes en juin 1936, ce parti de droite conservatrice réputé fasciste (mais réputé seulement) est le premier mouvement de masse en France.

La campagne se déroule dans un climat délètère, les affrontements entre le service d’ordre du PCF et les «Dispos» du PSF sont légions, provoquant de nombreux blessés et même trois morts lors d’un grand meeting du PSF à Courbevoie le 24 avril 1940 (deux communistes et un militant PSF tués au cours d’un échange de coups de feu).

Les élections qui ont lieu le 28 avril et le 5 mai sont une redite de la «Chambre Bleue Horizon» de 1919 avec une raz de marée de la droite. Sur les 607 députés, le PSF remporte près de 275 députés qui lui permet de former une coalition conservatrice avec le parti Radical (120 députés) et la Fédération des Républicains Indépendants (80 députés) soit une majorité très confortable de 475 sièges (la majorité absolue étant fixée à 304). La gauche est laminée, le PCF n’ayant que 45 députés contre 72 quatre ans plus tôt alors que la SFIO plafonne à 87 sièges contre 149 au printemps 1936.

C’est le début de ce que les historiens ont appelé la «Révolution Nationale». Ses partisans n’hésitant pas à s’appeler «gaullistes» en référence «A nos ancètres les gaulois» qui n’avaient peur de rien à part que «le ciel leur tombe sur la tête». 

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